Le parcours infernal des demandeurs d’asile

L’objectif affiché du gouvernement, la réduction des temps d’instruction des demandes à l’Ofpra, n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les concernés. Surtout depuis la loi Collomb de 2018.

Adeline Malnis  • 13 novembre 2019 abonné·es
Le parcours infernal des demandeurs d’asile
© Des ONG, dont Amnesty International, la Cimade et le Cercle des voisins, manifestent à Toulouse pour la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin 2018.Alain Pitton/NurPhoto/AFP

À la permanence de la Cimade de Montreuil, ce vendredi 8 novembre, ils sont une trentaine à patienter pour être reçus par l’une des sept bénévoles présentes. Tous demandeurs d’asile, ils sont venus chercher de l’aide pour remplir le formulaire de demande qu’ils devront ensuite adresser à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), l’organisme qui décidera de leur accorder ou non le statut de réfugié. « Les témoignages que nous les aidons à rédiger dans leur dossier vont servir de base à l’Ofpra pour examiner leur demande. C’est pourquoi il faut que les personnes soient le plus précises possible sur ce qui leur est arrivé. Mais c’est souvent très compliqué du fait de la barrière de la langue », explique Valérie, coordonnatrice de la permanence. Nombre d’entre eux éprouvent des difficultés à s’exprimer en français ou même en anglais. Alors, certains trouvent de l’aide dans la file d’attente, auprès d’autres demandeurs d’asile qui, maîtrisant mieux le français, peuvent jouer les interprètes.

Issa*, malien, raconte ainsi son histoire dans sa langue natale à Ousmane*, qui traduit : « Il était agriculteur. Un jour, en 2014, alors qu’il menait son troupeau d’un village à un autre avec son père, ils ont été attaqués. Des hommes sont arrivés à moto et leur ont tiré dessus. Son père est mort. Lui a réussi à s’enfuir. » Valérie cherche à préciser certains points : « Savez-vous qui étaient

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, la socialiste et maire sortante Hélène Geoffroy critique la stratégie d’opposition de la France insoumise, et regrette que le PS n’ait « rien produit » dans l’opposition face à Emmanuel Macron.
Par Alix Garcia
« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, Léonore Moncond’Huy, maire écologiste élue en 2020, critique le climat de division à gauche.
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
La gauche sur le divan : trois défaites, une impasse
Parti pris 3 avril 2026

La gauche sur le divan : trois défaites, une impasse

À un an de la présidentielle, la gauche donne le spectacle paradoxal d’un camp qui analyse ses défaites en ordre dispersé. Insoumis, écologistes, socialistes : chacun raconte son échec, pointe les fautes des autres, et défend sa ligne sans jamais vraiment trancher la question centrale : comment gagner ensemble ?
Par Pierre Jacquemain
Le gouvernement s’apprête à dissoudre Génération EDR, collectif de lutte contre l’islamophobie
Exclusif 3 avril 2026 abonné·es

Le gouvernement s’apprête à dissoudre Génération EDR, collectif de lutte contre l’islamophobie

Politis révèle pourquoi le gouvernement veut dissoudre Génération EDR. Le collectif antiraciste est accusé de liens avec l’organisation antifasciste la Jeune Garde, dissoute. Les militants de Génération EDR dénoncent une répression de l’antiracisme.
Par Pauline Migevant et Hugo Boursier