Dans le 16e arrondissement de Paris, la mairie continue de proposer un hébergement d’urgence infesté de cafards

Dans une école désaffectée en plein milieu de cet endroit cossu de la capitale, Aya* et ses enfants vivent au milieu des nuisibles. Alors que la santé des enfants se dégrade, le tribunal administratif, saisi en urgence, a ordonné à la ville de trouver un hébergement salubre pour la famille.

Pauline Migevant  • 10 mars 2026 abonné·es
Dans le 16e arrondissement de Paris, la mairie continue de proposer un hébergement d’urgence infesté de cafards
© Maxime Sirvins

Depuis qu’elle est arrivée à Paris courant 2025, l’espoir de « vie meilleure » qu’Aya* avait en fuyant la Côte d’Ivoire avec ses quatre enfants, s’est dissipé. Sa demande d’asile a été rejetée et elle se trouve ballottée avec ses quatre enfants dans des hébergements précaires. Les plus jeunes ont cinq et deux ans et demi. « J’ai fui le pays avec les enfants. Je pensais qu’en les emmenant ici ce serait mieux. Aujourd’hui, je ne sais pas… », confie Aya. Son quotidien depuis octobre 2025 : une école désaffectée du 16e arrondissement, rue de l’Amiral-Hamelin, faisant office d’hébergement d’urgence.

Le dispositif est censé être provisoire mais ceux qui travaillent dans le domaine le savent : en matière d’hébergement, l’urgence s’éternise. De façon concrète, « il y a quatre familles par salle de classe, séparées par des draps », décrit Aude Thomas, assistante sociale d’Aya au sein de l’association Aurore, qui gère le lieu. En tout, une quarantaine de familles, soit une centaine de personnes, vivent dans ces locaux, utilisés pour l’hébergement d’urgence depuis septembre 2024.

« La nuit on ne dort pas », souffle Aya qui se dit épuisée. Elle se souvient avoir découvert, dès la première nuit des punaises de lit. En fait, l’endroit est infecté de nuisibles, ce dont attestent des photos consultées par Politis prises fin février, ainsi que les avant-bras des enfants d’Aya, marqués par les piqûres d’insectes. Pour aller aux toilettes ou prendre leur douche, les familles doivent traverser la cour.

Chaque jour, la mère de famille appelle le 115 en espérant que lui soit proposé un autre hébergement, mais les dispositifs sont saturés. Si la famille a pu loger dans un hôtel social pendant quinze jours en janvier et une semaine fin février, la famille a fini par réintégrer l’école désaffectée, faute de solution pérenne.

Environnement hostile

« Les conditions indignes de cet hébergement ont été reconnues

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