Les Libanaises mènent la révolte

Depuis le 17 octobre, les femmes sont au premier rang des manifestations massives qui réclament la fin du système confessionnel et le départ de la classe politique, minée par la corruption.

Hugo Lautissier  • 6 novembre 2019 abonné·es
Les Libanaises mènent la révolte
© Le 3 novembre à Beyrouth.Mahmut Geldi / Anadolu Agency / AFP

Chaque soulèvement populaire a ses symboles. La France défile en gilet jaune, la Bolivie a ses casques de mineurs, Hongkong s’abrite sous des parapluies et dresse une statue de la « Dame de la liberté ». Au Liban, l’icône est une femme, elle se nomme Malak Alaywe Herz. Son fait d’armes ? Un coup de pied dans les parties génitales d’un garde du corps du ministre de l’Éducation armé d’une Kalachnikov, au premier jour des manifestations dans le centre-ville de ­Beyrouth. La vidéo a été vue des centaines de milliers de fois, reproduite en pochoir, parfois en tatouage, et immortalisée par le designer libanais Rami Kanso sous la forme d’une illustration, virale elle aussi, représentant le fameux coup de pied suivi de l’inscription : « Attaquons-les ».

« Ce “les” englobe la classe politique et les partis dans leur ensemble. La vidéo a donné l’idée à de nombreuses personnes de casser les barrières », explique par téléphone le designer, qui vit à Londres. Il a réalisé cette illustration en quelques heures, spontanément, dans un sentiment d’impuissance et de frustration vis-à-vis de ses compatriotes mobilisés dans tout le pays. « Après avoir posté cette image, j’ai vite été dépassé par l’ampleur du phénomène. Je pense que les gens ont été touchés

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien

Le territoire illégalement annexé par la Russie en 2014 est rattrapé par le conflit. Malgré un discours officiel prétendant que les civils conservent une « vie paisible », la population souffre d’une situation qui s’éternise, faite d’angoisse et de morts passées sous silence.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
Entretien 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
La Bavière, future championne des expulsions ?
Reportage 20 mai 2026 abonné·es

La Bavière, future championne des expulsions ?

La Ville de Munich s’apprête à construire un gigantesque terminal dédié au renvoi de personnes migrantes. Un projet contraire aux droits humains et quelque peu irréaliste mené sur mandat de la police fédérale, et poussé par la politique du chancelier allemand Friedrich Merz. 
Par Opale von Kayser et Noémie de Bellaigue