Les « partenaires sociaux » moins impliqués

La loi Asap va fusionner plusieurs instances consultatives dans lesquelles siégeaient des représentants syndicaux.

Erwan Manac'h  • 6 octobre 2020
Partager :
Les « partenaires sociaux » moins impliqués
© Photo : Les partenaires sociaux réunis sur le perron de Matignon, le 17 juillet 20020 (Xosé Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le gouvernement fait le tri dans la ribambelle d’instances consultatives qui permettent aux partenaires sociaux de faire valoir leur expertise sur des projets de loi ou de réglementation ayant trait au travail. Les instances dévolues aux salaires (Copiesas), aux retraites (Comarep), aux négociations et à la formation professionnelle (CNNCEF) sont fusionnées. Au grand dam des syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) qui y voient une réduction de leurs possibilités d’intervention.

« Cela va faire reposer toutes les responsabilités sur les mêmes représentants syndicaux, regrette Karen Gournay, secrétaire confédérale Force ouvrière de la négociation collective et des salaires. On perd la spécialisation et la technicité qui faisait la pertinence de ces instances. Au bout du compte, le gouvernement réduit encore et toujours le rôle des organisations syndicales. » La syndicaliste rappelle au passage que les délégués siègent sans « jeton de présence » dans ces organes, dans le cadre ordinaire de leurs mandats syndicaux.

Le Haut conseil du dialogue social, qui traite notamment des questions de représentativité syndicale, devait également figurer dans le package, mais des voix se sont levées pour demander son maintien, à commencer par celle de l’ancien directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, figure influente. L’instance a donc été maintenue par voie d’amendement à l’Assemblée.

>> Consulter tous les articles de notre dossier sur la loi Asap

Travail Politique
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
2027 : Raphaël Glucksmann cherche sa gauche sur les terres d’extrême droite
Présidentielle 11 juin 2026 abonné·es

2027 : Raphaël Glucksmann cherche sa gauche sur les terres d’extrême droite

L’eurodéputé veut s’imposer au sein de l’espace social-démocrate en parlant à la gauche, mais pas seulement. Plus risqué, il souhaite l’emporter face à l’extrême droite en reprenant ses totems, comme la défense de la nation.
Par Lucas Sarafian
Entre la primaire et Glucksmann, les socialistes encore et toujours tiraillés
Récit 11 juin 2026 abonné·es

Entre la primaire et Glucksmann, les socialistes encore et toujours tiraillés

Olivier Faure, contesté dans son propre parti, rêve de rassembler la gauche non-mélenchoniste et d’embarquer Raphaël Glucksmann. Tandis que l’eurodéputé ne se voit pas partir sans le PS mais se rapproche surtout des opposants internes au premier des roses. Dialogue de sourds.
Par Lucas Sarafian
« Raphaël Glucksmann reconduit une ligne sociale-libérale par la timidité sociale de son programme »
Entretien 11 juin 2026

« Raphaël Glucksmann reconduit une ligne sociale-libérale par la timidité sociale de son programme »

Le sociologue et politiste Philippe Corcuff estime qu’une candidature sociale-libérale pourrait bénéficier d’un espace électoral temporaire en France. Mais considère que la social-démocratie est en crise.
Par Lucas Sarafian