Mali : Sophie Pétronin, l’otage « politiquement incorrecte »

Libérée le 9 octobre, après quatre ans de détention dans le Sahel malien, Sophie Pétronin est une femme de caractère, qui connaît parfaitement cette région d’Afrique et qui impose son analyse aux politiques.

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Libérée le 9 octobre, après trois ans, neuf mois et quinze jours de détention dans le Sahel malien, Sophie Pétronin est une otage « politiquement incorrecte ». Cette humanitaire de 75 ans, détenue par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda, refuse de qualifier ses anciens geôliers de « terroristes » ou de « jihadistes ». Plus inhabituel encore, l’ex-otage avoue s’être convertie à l’islam pour se rendre « la vie plus facile ». Elle n’est pas non plus atteinte banalement du syndrome de Stockholm, qui conduit certains otages à épouser la cause de leurs ravisseurs. Elle est une femme de caractère, qui connaît parfaitement cette région d’Afrique et qui impose son analyse aux politiques.

Le dénouement de cette affaire singulière embarrasse Emmanuel Macron parce que le gouvernement français n’a pris aucune part à sa libération. La négociation a été menée par le nouveau gouvernement malien issu du coup d’État du 18 août. Et la libération de Sophie Pétronin et de l’homme politique malien Soumaïla Cissé a été obtenue en échange de celle de 196 jihadistes qui vont aller rejoindre ceux-là mêmes que l’armée française traque depuis sept ans dans le cadre de l’opération Barkhane. Une guerre qui s’étend sur quelque cinq mille kilomètres de désert, et qui est aussi vaine que coûteuse en vies humaines. Enfin, comble d’embarras pour la France, Sophie Pétronin veut retourner à Gao, la ville de l’est malien où elle dirigeait une ONG d’aide à l’enfance. Mais là, la dame risque de se heurter à un refus catégorique. Celui de son fils…


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