L’hommage à Samuel Paty gâché par Blanquer

Les profs ont très mal vécu les injonctions contradictoires du ministre pour saluer la mémoire de Samuel Paty.

Cette rentrée de la Toussaint s’est déroulée dans un climat particulièrement anxiogène. Le premier soir des vacances scolaires avait été marqué par la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, devant son collège des Yvelines. Depuis, des actes de violence se sont succédé dans le pays. Le 29 octobre, trois fidèles ont été assassinés lors d’une attaque au couteau dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice. Quelques heures plus tard, à Avignon, un homme était abattu par la police alors qu’il brandissait une arme à feu en pleine rue. Le même jour, à Lyon cette fois-ci, un individu était interpellé en possession d’un couteau d’une taille respectable à un arrêt de tramway. Deux jours plus tard, toujours à Lyon, un prêtre orthodoxe était gravement blessé par balles devant son église.

Le week-end a été marqué par les spéculations de tous ordres sur les motivations islamistes, identitaires ou les causes psychiatriques de ces différentes attaques. Sans oublier les injonctions ministérielles contradictoires concernant l’hommage à Samuel Paty prévu ce lundi 2 novembre, décalé, annulé puis laissé au bon vouloir des professeur·es.

Le corpus qui devait initialement être lu, constitué de classiques de la littérature française, a finalement été réduit à la portion congrue : une version tronquée par le ministère de la « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès. Ballotté·es au milieu de tout ça, les enseignant·es ont repris tant bien que mal le chemin de l’école. Trois profs et un surveillant de la banlieue lyonnaise témoignent.

« Jean Jaurès était contre la guerre »

Augustin* professeur d’histoire-géographie dans un lycée de Saint-Priest

« C’était important de faire quelque chose, mais la solennité de la chose a été bafouée et c’en est devenu ridicule. Quand j’ai vu que la « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès avait été tronquée, ça m’a mis hors de moi. J’ai lu la version originale. Jean Jaurès était contre la guerre, il aurait fait de la taule en 1914-1918 s’il n’avait pas été assassiné avant. C’est encore une manière de prendre appui sur un gars qui partage zéro valeur avec le gouvernement actuel pour se la jouer humaniste. Il y a une révision constante de l’histoire de la part du gouvernement pour en faire un roman national.

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