Violences sexuelles : #MeToo produit encore des répliques

Ce week-end, les réseaux sociaux ont vu l’apparition d’un #MeTooGay, révélant les violences subies par des personnes homosexuelles.

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En octobre 2017, à la suite l’affaire Weinstein, du nom du producteur accusé d’agressions sexuelles, naissait sur les réseaux sociaux un hashtag devenu le symbole de la libération de la parole sur les violences à caractère sexuel : #MeToo. Trois ans plus tard, le mouvement, considéré par certain·es comme une décharge sismique, continue de produire des répliques. Au début du mois de janvier 2021, c’est #MeTooInceste qui, à de nombreuses reprises, a été utilisé pour dénoncer les faits d’inceste, dans la foulée de la parution du livre de Camille Kouchner, La Familia grande (Seuil), où elle relate les agressions pédophiles du politiste Olivier Duhamel sur son frère jumeau dans les années 1980. Ce week-end, les réseaux sociaux ont vu l’apparition d’un #MeTooGay, révélant les violences subies par des personnes homosexuelles. À l’origine de ce mouvement, le témoignage d’un jeune homme affirmant avoir été violé à 18 ans, en 2018, par un élu PCF de la mairie de Paris, Maxime Cochard, et son conjoint, alors qu’il était dans une « situation particulièrement vulnérable ». L’élu du XIVe arrondissement, qui nie les faits, a été mis en retrait du PCF. Mais comment justifier une prise de parole si tardive ? Pour Flora Bolter, codirectrice de l’Observatoire LGBT+ à la Fondation Jean-Jaurès, citée par 20 Minutes, cela révèle « une peur de trahir son propre camp, ou que l’accusation d’un individu soit prise pour une généralité et jette l’opprobre sur toute la communauté ». Violences faites aux femmes, aux enfants, aux personnes homosexuelles… La chose n’est pas nouvelle – souvenons-nous de la sortie de Baise-moi, de Virginie Despentes, ou de L’Inceste, de Christine Angot. Le changement réside dans la réception de la parole des victimes, qui sont désormais entendues et crues. Mais combien de #MeToo aux dénominations variées faudra-t-il pour comprendre la responsabilité de notre société patriarcale et de la culture du viol ? Il serait grand temps que ces répliques sismiques se muent en une prise de conscience systémique.


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