Manif des policiers : un naufrage politique

Quand des policiers sont autorisés à manifester devant les grilles de l’Assemblée nationale pour réclamer le droit de « faire la loi », c’est l’ordre démocratique qui est mis en cause.

La manifestation organisée le 19 mai par les quatre principaux syndicats de police marque assurément un dangereux tournant institutionnel. Ce n’est certes pas la première fois que des policiers dénoncent dans la rue le prétendu « laxisme de la justice » et réclament la démission du garde des Sceaux. Mais que le ministre de l’Intérieur se joigne à un rassemblement revendicatif des fonctionnaires de son ministère est aussi inédit que problématique. Qu’il affirme par ce geste leur apporter son « soutien » alors que leur principale revendication est « la mise en œuvre de peines minimales pour les agresseurs de forces de l’ordre » est inquiétant. Une telle mesure équivaudrait à ligoter la justice et les juges. Que l’exécutif, via la préfecture de police de Paris, les aient autorisés de surcroît à se rassembler devant les grilles de l’Assemblée nationale, lieu ordinairement inaccessible aux manifestations, pour faire pression sur les législateurs trahit un mépris de la séparation des pouvoirs. Richard Ferrand, qui n’avait pas été prévenu de la tenue de ce rassemblement à la porte de l’Assemblée qu’il préside, en a été « un peu surpris ».

Un tel dédain du rôle du Parlement de la part de Gérald Darmanin n’est pas nouveau.

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