Élections : Refuser le duel mortifère annoncé

Les départementales et les régionales des 20 et 27 juin ont été détournées de leur objet par des polémiques sans rapport et surtout par la présidentielle, dont la campagne a déjà commencé.

Il en va des élections un peu comme de l’alcool. À trois jours du premier tour des élections départementales et régionales, il est tentant de paraphraser une publicité que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. « Une élection, ça va. Trois élections… bonjour les dégâts ! » La présidentielle s’est en effet invitée dans la campagne dont l’enjeu, pour certains, serait de faire émerger une alternative au duel mortifère annoncé Macron-Le Pen, d’où de périlleuses compétitions dans le camp de la gauche et de l’écologie. D’autres, à droite et à l’extrême droite, gomment la spécificité de ces scrutins et leurs enjeux propres sous le poids d’une avalanche de faits divers générateurs de phrases chocs par lesquelles les putatifs candidats à l’Élysée et leurs soutiens se présentent comme seuls capables de rétablir l’ordre. De quoi troubler les électeurs.

Dimanche, l’abstention pourrait atteindre un nouveau record pour ce type de scrutins – en 2015, un électeur sur deux seulement s’était déplacé – et la peur d’une contamination par le covid-19 n’en sera pas la cause principale. Le couplage des élections départementales et régionales (1) ne contribue pas à l’éclairage des enjeux propres à chacune d’entre elles. Modes de scrutin distincts, compétences différentes, configurations politiques parfois divergentes… Nombre d’électeurs s’avouent perdus. Seul point commun à ces deux consultations électorales : les conseillers départementaux et régionaux sont élus pour un mandat de six ans.

Malgré le redécoupage cantonal qui a éloigné les élus des électeurs, les élections départementales restent un scrutin local à fort enjeu social. Les départements, dont 68 sont aux mains de la droite, ont en effet au cœur de leurs compétences l’action sociale et médico-sociale en direction de l’enfance, des personnes âgées ou handicapées et la gestion du RSA ; cela représente plus de la moitié de leurs budgets de fonctionnement. Ils ont également en charge les collèges, les centres d’incendie et de secours, l’entretien de la voirie départementale, ainsi qu’une compétence culturelle (bibliothèques de prêt, musées, protection du patrimoine…) et des compétences partagées en matière de sport et de tourisme…

Les régions, devenues d’immenses entités administratives sans que leur budget suive, ont compétence « pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région ». Elles gèrent les lycées et s’occupent également de la formation professionnelle. Les transports, avec les TER et les bus interurbains, sont également de leur ressort, tout comme, dans le domaine environnemental, la gestion des parcs naturels régionaux ou la planification de la gestion des déchets. Elles peuvent aussi intervenir en « soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, à la politique de la ville et à la rénovation urbaine, aux politiques d’éducation et à l’aménagement et l’égalité de ses territoires », domaines dans lesquels les régions LR ne brillent pas.

La reconquête des 27 départements passés de gauche à droite en 2015 et celle des 6 régions tombées aux mains de la droite devraient mobiliser les électeurs de gauche et écologistes, si d’autres considérations ne venaient troubler les enjeux de ces scrutins.

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