Primaire populaire : Accords forcés

Les organisateurs de cette initiative originale s’accrochent à l’idée d’un vote en ligne fin janvier. Mais sans l’engagement des candidats, servira-t-il vraiment la gauche et l’écologie ?

Faut-il participer à la Primaire populaire ? La question est régulièrement posée aux candidats écologistes et de gauche que cette initiative citoyenne ambitionne de départager par un vote en ligne du 27 au 30 janvier. Affirmant ainsi répondre à un souhait des électeurs de gauche pour une candidature de rassemblement. Parmi eux, nombreux sont ceux qui s’interrogent également sur la finalité et les effets d’un processus incertain à moins de trois mois de l’élection présidentielle. Les jeunes organisateurs de cette primaire assurent quant à eux que « ce vote aura lieu quoi qu’il arrive, avec ou sans l’accord des candidats ».

Le 15 janvier, ils dévoileront lors d’une conférence de presse suivie d’un événement, de nature non précisée, à Paris, la liste définitive des personnalités qu’ils présenteront au vote. Soit « au maximum sept choix », selon Samuel Grzybowski, l’un des porte-parole du mouvement, puisque trois des dix personnalités (cinq femmes et cinq hommes) parrainées lors d’une première étape, à laquelle ont participé 130 000 citoyens entre le 11 juillet et le 11 octobre, ont indiqué ne pas être candidates à la présidentielle (1). Devraient donc figurer sur cette liste (sauf si l’un·e ou l’autre décidait de renoncer à l’Élysée) Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira, Pierre Larrouturou, Charlotte Marchandise et Anna Agueb-Porterie.

Pour l’heure toutefois, ni Yannick Jadot ni, du coup, Anne Hidalgo, et encore moins Jean-Luc Mélenchon, ne souhaitent se soumettre à cette consultation. Les candidats du Pôle écologiste et de La France insoumise s’agacent d’ailleurs d’être en permanence interrogés dans les médias sur ce qu’ils pensent de cette primaire atypique depuis que la candidate du PS, à la surprise générale, en a relancé l’idée le 8 décembre, ouvrant la voie à une candidature de Christiane Taubira. D’autant que les partisans de cette initiative, organisée par la société civile, multiplient les initiatives pour exhorter les candidats de gauche à l’union à travers ce processus. On les a vus organiser des petits sit-in plusieurs jours durant devant le siège des candidats, plaider leur cause aux abords des meetings et des manifestations. Dramatisant l’urgence d’une entente, douze d’entre eux, dont l’eurodéputé Pierre Larrouturou et Anne Hessel, ont même entamé le 7 janvier une grève de la faim. « Le projet de primaire populaire n’est pas “à prendre ou à laisser”, il peut être amélioré. Mais c’est la proposition d’union la plus aboutie et elle a déjà reçu le soutien de près de 300 000 personnes », affirmaient le même jour vingt-sept personnalités, dont Cyril Dion, Charles Berling, Emily Loizeau, Dominique Méda et Thomas Piketty, dans une tribune publiée par le journal Le Monde.

C’est en février 2021 que ce lobby pro-union de la gauche et des écologistes prend forme et se fixe pour objectif de vaincre les réticences des partis politiques et de désigner un candidat unique. Comment ? En comptant sur le soutien des électeurs.

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