Aux États-Unis, la gauche désunie sur l’Ukraine

Tiraillé entre soutien à l’Ukraine et rejet du militarisme et de l’impérialisme américains, le camp progressiste se fracture face à l’invasion russe.

Alexis Buisson  • 6 juillet 2022 abonné·es
Aux États-Unis, la gauche désunie sur l’Ukraine
« Nous devons reconnaître que le gouvernement Biden n’est pas le gouvernement Bush », a déclaré le conseiller international de Bernie Sanders.
© Anna Moneymaker / Getty Images North America / Getty Images via AFP

Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont beau être des monstres sacrés de la gauche américaine, ils ont essuyé en mai de vives critiques de la part de leurs supporters. Au cœur de la dispute : leur vote en faveur d’un paquet de 40 milliards de dollars d’aide humanitaire et militaire à l’Ukraine, adopté par le Congrès des États-Unis puis ratifié par le président démocrate, Joe Biden. La loi comprend notamment 6 milliards de dollars pour permettre au pays de s’équiper en véhicules blindés et de renforcer sa défense antiaérienne. Elle alloue aussi des fonds supplémentaires à l’armée américaine pour renflouer son stock d’armes après les livraisons répétées à Kyiv (artillerie, blindés, équipements antichars…).

Bernie Sanders a justifié sa décision par la nécessité de ne pas perdre une minute dans ce conflit aux portes de l’Europe et d’envoyer un signal fort à Vladimir Poutine. Une explication qui n’a pas convaincu Eric London, l’une des plumes du site socialiste World Socialist Web Site (WSWB). Pour ce militant basé aux États-Unis, le vote du sénateur du -Vermont, de la députée de New York et d’autres progressistes « marque le franchissement du Rubicon politique. C’est un soutien à la guerre des États-Unis et de l’Otan contre la Russie qui retire de l’argent aux classes laborieuses, à l’heure de l’inflation et de la pauvreté chez nous, et le redirige vers la mort et la destruction ailleurs, écrit-il. Et il accroît de manière dramatique la possibilité d’une guerre mondiale entre des puissances

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