Manu Larcenet, entre deux mondes
À l’occasion du Salon du livre, du 23 au 27 mars à Paris, « Politis » a proposé à Manu Larcenet d’illustrer l’actualité. Ce bédéiste mi-sombre mi-tendre s’est livré à l’exercice avec une belle générosité et un certain mordant.
dans l’hebdo N° 944 Acheter ce numéro
Pour Politis , Manu Larcenet s'est fait « dessinateur de presse ».Pour autant, le bédéiste n'a pas changé de métier, qu'il exerce à temps plein : à 38 ans, il est déjà l'auteur de 35 albums. 38 années passées pour la plupart dans la périphérie parisienne, « en banlieue » . « Un terme stupide : Versailles est une banlieue » , corrige-t-il après l'avoir employé. « Aussi idiot que celui de province. » Le mot lui avait également échappé... pour évoquer son nouveau chez-lui, le Beaujolais.
Quartier et campagne ne sont pas, chez Larcenet, de simples lieux de vie. Plutôt des lobes cérébraux, qui irriguent ses dernières bandes dessinées. Du Combat ordinaire , prix du meilleur album 2004 à Angoulême, au Retour à la terre , jusqu'au deuxième tome de Nic Oumouk , La France a peur [[ Dargaud, 48 p., 9,60 euros, à paraître le 6 avril.]], ses héros se baladent d'un univers à l'autre. Et le bédéiste de narrer ce passage improbable avec humour et tendresse.
Autoportrait de Manu Larcenet
Manu, schizophrène ? interrogions-nous en décembre (voir Politis n° 931-932). À bien y regarder, son art excelle à la confrontation, la correspondance, l'entre-deux mondes. Ce terme est d'ailleurs le titre d'une série, réalisée avec son frère Patrice. « Mon premier flash vient de Goossens et des Monty Python, ce mélange de réel et d'imaginaire, ou de deux mondes qui n'ont rien à voir. On peut alors parler sur deux registres différents, en profondeur, tout en créant un choc en les faisant se rencontrer. Et éviter le « genre » où je me sens à l'étroit. » Le genre « banlieue pure et dure »,
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