Courrier des lecteurs Politis 955
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«~Les Chansons d'amour~»~: un beau film
Puis-je me permettre un autre son de cloche que celui de Christophe Kantcheff sur les Chansons d'amour , de Christophe Honoré, afin de ramener quelques lecteurs de Politis sur le chemin de ce film ? Car les Chansons d'amour est, à mes yeux de passionné de cinéma, un très beau film. Je comprends ce que veut dire Christophe Kantcheff quand il parle de films lourds de références (notamment les films de la Nouvelle Vague). Mais, contrairement à lui, je pense que ces références n'étouffent pas le film : celui-ci leur donne une nouvelle jeunesse et leur confère une très forte émotion. Référence à Demy ? Le film cherche évidemment à ancrer la chanson dans le réel et y parvient extrêmement bien, puisqu'il n'y a ni chorégraphie ni travail sur les couleurs (c'est volontaire), et que les comédiens interprètent eux-mêmes les chansons, ce qui, à la suite de l'excellent Pas sur la bouche d'Alain Resnais, confirme que si on y perd en technique, on y gagne en justesse émotionnelle. Les chansons me semblent d'ailleurs originales, très touchantes et très bien écrites ; je ne les trouve pas monotones, mais volontairement éloignées de toute emphase. Louis Garrel ne joue pas du tout comme Léaud. Le côté « trio qui déambule dans Paris » rappelle inévitablement les films de Godard ou d'Eustache, mais Louis Garrel joue avec un naturel et une justesse rares.
On a le sentiment que Christophe Kantcheff, encombré par sa culture cinématographique, a tout de suite vu les références et n'a pas su les oublier. Il en est resté à un décryptage froid des images et est passé à côté du film. Ça peut arriver, surtout à Cannes, quand on voit
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