Deleuze/Guattari :« un dispositif à l’écoute de leurs différences »

Olivier Doubre  • 20 septembre 2007 abonné·es

Gilles Deleuze et Félix Guattari font connaissance au printemps 1969, dans une proximité immédiate avec Mai 68. Vous écrivez que, pour leur travail en commun, ce mouvement constitue une véritable « rupture instauratrice ». Pourquoi ?

François Dosse : Mai 68 joue en effet un rôle capital dans leur rencontre puisqu'au départ rien ne les destine à cela, chacun appartenant à une galaxie particulière, sans connexion l'une avec l'autre. Pour initier cette collaboration, qui va durer jusqu'au début des années 1990, il faudra à la fois l'événement-rupture qu'est Mai 68, mais aussi un intermédiaire discret, Jean-Pierre Muyard, psychiatre à La Borde (la clinique expérimentale où travaille Guattari), qui a été étudiant à Lyon, où il a découvert les cours de Deleuze. Le travail qui aboutit à l'Anti-‘dipe a d'ailleurs été commencé par Muyard et Deleuze, poursuivi un temps avec Guattari, avant que Muyard ne s'efface. Mais c'est d'abord l'événement Mai 68 qui permet ce que Deleuze et Guattari appelleront un « agencement collectif d'énonciation » . Leur relation intellectuelle se

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier
La « nouvelle France », un débat qui vient de loin
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

La « nouvelle France », un débat qui vient de loin

De la pensée révolutionnaire au nouveau slogan des insoumis, l’universalisme français n’a cessé de muter selon les contextes, révélant une contradiction entre tentation hégémonique et volonté d’ouverture.
Par Juliette Heinzlef et Alix Garcia
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet