« Si j’enlève la pub, serai-je guéri ? »

Professeur
de droit public à l’université de Toulouse-I, où il dirige l’Institut de droit de la communication, Serge Regourd analyse le projet de suppression
de la publicité sur le service public.
Non sans inquiétude.

Jean-Claude Renard  • 17 janvier 2008 abonné·es

Quel regard portez-vous sur la fin annoncée de la publicité à la télévision de service public ?

Serge Regourd : C'est un serpent de mer. Ce n'est pas une fin en soi de supprimer la publicité sur le service public : en droit européen, la ressource publicitaire est considérée comme étant le droit commun. Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, ce droit communautaire ne fait pas de distinction entre les secteurs public et privé. Cette donnée est essentielle. Dans le projet français actuel, le postulat est de supprimer la ressource publicitaire au prétexte qu'elle est de nature à pervertir la programmation. En d'autres termes, on aurait à France Télévisions une dérive commerciale altérant des programmes ambitieux, culturels, et nuisant à la diversité et à la formation de l'opinion.

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