Sur de mauvais rails

La libéralisation progressive du réseau ferroviaire français jette le trouble sur son statut et sa mission. La SNCF, qui n’est plus un service public mais pas complètement une société privée, abuse de son monopole.

Mathilde Azerot  • 17 juillet 2008 abonné·es

La SNCF est-elle toujours un service public ? À l’heure où le fret est ouvert à la concurrence, où la libéralisation du transport des voyageurs est prévue pour 2010, et où les recours aux partenariats public-privé se multiplient, la question mérite d’être sérieusement posée. Si la garantie d’un service public de qualité ne relève théoriquement pas du statut de l’entreprise mais des modalités du contrat qu’elle a passé avec l’État, la recherche de la compétitivité n’en reste pas moins inhérente à la libéralisation du système. Et signifie l’affaiblissement de la notion de service public. Dans les textes, la Société nationale du chemin de fer a toujours pour mission d’exploiter les services de transports et de marchandises au nom de la collectivité. « Privatisation ?, ironise Alain Cambi, membre du bureau fédéral de SUD-Rail, c’est un mot dont se défend la direction ; il n’est pas question de privatiser ni de filialiser. Mais on le voit depuis longtemps : il s’agit d’une privatisation détournée. » Car les évolutions de la politique commerciale de l’entreprise font sérieusement douter de la volonté de la SNCF d’honorer ses responsabilités de serviteur de la chose publique.

<

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie
Violences • 18 octobre 2026

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie

Une adolescente, Maïssa, a été gravement blessée à l’œil au cours de tirs de lacrymogènes par les forces de l’ordre le 17 octobre à Mulhouse. Elle a reçu un projectile en plein visage, une grenade lacrymogène selon des témoins et ne retrouvera pas la vision de l’œil gauche. La justice a saisi la police des polices.
Par Céline Martelet et Pauline Migevant
Dans le Pas-de-Calais, la jeunesse rallume la flamme des gilets jaunes
Reportage • 18 octobre 2026 abonné·es

Dans le Pas-de-Calais, la jeunesse rallume la flamme des gilets jaunes

Le 17 octobre, de Calais à Boulogne-sur-Mer, gilets jaunes, lycéens, étudiants et militants se sont mobilisés pour soutenir la contestation de la jeunesse. Entre barrages filtrants, revendications sociales et dénonciation des violences policières, les manifestants ont tenté de faire converger leurs luttes.
Par Maël Galisson
Manifestations du 17 octobre : « C’est la convergence des colères aujourd’hui »
Reportage • 17 octobre 2026

Manifestations du 17 octobre : « C’est la convergence des colères aujourd’hui »

Selon les organisateurs des manifestations, 800 000 personnes ont battu le pavé ce 17 octobre partout en France, et 550 000 selon le ministère de l’Intérieur. À Paris, la mobilisation a pris les airs d’un nouvel acte des gilets jaunes, huit ans après le début du mouvement. Reportage.
Par Céline Martelet
65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police
Colonialisme • 16 octobre 2026

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police

Ces dernières semaines, les mobilisations lycéennes ont été marquées par de fortes répressions. 65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, les pratiques de la police continuent de porter les traces de son histoire coloniale.
Par Kamélia Ouaïssa