Sur de mauvais rails

La libéralisation progressive du réseau ferroviaire français jette le trouble sur son statut et sa mission. La SNCF, qui n’est plus un service public mais pas complètement une société privée, abuse de son monopole.

Mathilde Azerot  • 17 juillet 2008 abonné·es

La SNCF est-elle toujours un service public ? À l’heure où le fret est ouvert à la concurrence, où la libéralisation du transport des voyageurs est prévue pour 2010, et où les recours aux partenariats public-privé se multiplient, la question mérite d’être sérieusement posée. Si la garantie d’un service public de qualité ne relève théoriquement pas du statut de l’entreprise mais des modalités du contrat qu’elle a passé avec l’État, la recherche de la compétitivité n’en reste pas moins inhérente à la libéralisation du système. Et signifie l’affaiblissement de la notion de service public. Dans les textes, la Société nationale du chemin de fer a toujours pour mission d’exploiter les services de transports et de marchandises au nom de la collectivité. « Privatisation ?, ironise Alain Cambi, membre du bureau fédéral de SUD-Rail, c’est un mot dont se défend la direction ; il n’est pas question de privatiser ni de filialiser. Mais on le voit depuis longtemps : il s’agit d’une privatisation détournée. » Car les évolutions de la politique commerciale de l’entreprise font sérieusement douter de la volonté de la SNCF d’honorer ses responsabilités de serviteur de la chose publique.

<

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre