Sur de mauvais rails

La libéralisation progressive du réseau ferroviaire français jette le trouble sur son statut et sa mission. La SNCF, qui n’est plus un service public mais pas complètement une société privée, abuse de son monopole.

Mathilde Azerot  • 17 juillet 2008 abonné·es

La SNCF est-elle toujours un service public ? À l’heure où le fret est ouvert à la concurrence, où la libéralisation du transport des voyageurs est prévue pour 2010, et où les recours aux partenariats public-privé se multiplient, la question mérite d’être sérieusement posée. Si la garantie d’un service public de qualité ne relève théoriquement pas du statut de l’entreprise mais des modalités du contrat qu’elle a passé avec l’État, la recherche de la compétitivité n’en reste pas moins inhérente à la libéralisation du système. Et signifie l’affaiblissement de la notion de service public. Dans les textes, la Société nationale du chemin de fer a toujours pour mission d’exploiter les services de transports et de marchandises au nom de la collectivité. « Privatisation ?, ironise Alain Cambi, membre du bureau fédéral de SUD-Rail, c’est un mot dont se défend la direction ; il n’est pas question de privatiser ni de filialiser. Mais on le voit depuis longtemps : il s’agit d’une privatisation détournée. » Car les évolutions de la politique commerciale de l’entreprise font sérieusement douter de la volonté de la SNCF d’honorer ses responsabilités de serviteur de la chose publique.

<

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »
Entretien 29 janvier 2026

« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »

Chercheur spécialiste de la droite chrétienne américaine, Joan Stavo-Debauge met en perspective l’histoire de la droite chrétienne religieuse avec l’action de Donald Trump.
Par Hugo Boursier
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »
Rassemblement 28 janvier 2026 abonné·es

« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »

Fondé en mai par le député de Paris Pouria Amirshahi (apparenté Écologiste et social), le mouvement La Digue s’emploie à constituer un front transpartisan contre le mouvement fascisant emmené par Donald Trump. En appelant à un rassemblement, soutenu par la Ligue des droits de l’Homme, « en solidarité avec le peuple américain », sous le coup de la répression de la police de l’immigration, ce mercredi, à Paris.
Par Olivier Doubre
« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »
Témoignage 27 janvier 2026

« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »

Arrivé en France à l’âge de 16 ans, Mouminy a été visé par trois OQTF entre ses 18 et ses 22 ans. Après avoir été expulsé en Guinée en 2018, il a pu revenir en France légalement, grâce à des réseaux de solidarité.
Par Pauline Migevant
Expulsés par la France après des OQTF, ils témoignent
Enquête 27 janvier 2026 abonné·es

Expulsés par la France après des OQTF, ils témoignent

D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, en 2025, 15 569 personnes ont subi des « éloignements forcés » depuis la France, dont 8 646 vers leur pays d’origine. Six personnes expulsées par la France témoignent des conséquences sur leur vie et celle de leurs proches des retours forcés dans leur pays.
Par Pauline Migevant