Barreur de gros temps ?
dans l’hebdo N° 1023 Acheter ce numéro
En brave garçon que je suis, au fond, j’étais presque décidé à joindre ma voix au chœur de louanges qui s’élève, depuis le choc de la crise, pour saluer l’action du superprésident Sarkozy : un homme qui, dans la tourmente, donnait toute sa mesure. Que serait devenue l’Europe sans lui – sans ce hasard, ou ce cadeau de la Providence, qui a attribué la présidence tournante à la France pile poil quand s’écroulaient d’un coup les colonnes du temple financier ? C’est par gros temps que se révèle le barreur.
Nicolas Sarkozy était, sans conteste, ce marin solide des grandes tempêtes qui sait mobiliser l’équipage et rassurer les passagers. De l’avoir vu sur le pont 24 heures sur 24, courant d’une voie d’eau à l’autre, écopant ici, colmatant là, serrant les boulons et verrouillant les écoutilles, houspillant les uns, encourageant les autres, faisant la leçon aux puissants et rassurant les petits, convoquant la terre entière et arrachant à des partenaires réticents les décisions salvatrices, et jusqu’au saint des saints – le terrain de golf de George Dubbleyou, qui n’en a plus rien à cirer de rien, vu qu’il en a pour peu au jus et que ses parachutes en or à lui et ses retraites Stetson sont garantis jusqu’à la dix-huitième génération au moins – ; de l’avoir vu donc, notre Président, si allant, si efficace, si maître de lui comme de l’univers, si décidé, enfin, à nous refaire un monde, peut-être pas en six jours, à coup sûr en six mois : j’étais presque décidé donc, comme Papy Mougeotte (des rédactions du Figaro ) [^2] et la quasi-totalité de la corporation, à lui décerner son brevet (supérieur) d’homme d’État.
Oublié, le président bling-bling. La crise aidant (et peut-être bien l’heureuse influence d’une épouse aux vertus sédatives), l’agité du bocal s’était mué en un homme responsable, réfléchi,
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