La vie après la mort
Dans le XIXe arrondissement de Paris, le Centquatre a ouvert ses portes sur l’ancien site des Pompes funèbres. Dans ce quartier populaire, il veut faire la part belle à la création et à la diffusion. Avec plusieurs défis à relever.
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Un peu d’histoire d’abord. Dans l’encolure de la capitale. Au 104, rue d’Aubervilliers, XIXe arrondissement de Paris. Un bâtiment édifié en 1873 par le diocèse du cru, sur les fondations d’anciens abattoirs de la commune de La Villette. L’ensemble conjugue fer, brique et pierre, surmonté d’une massive verrière, caractéristique de l’architecture industrielle du XIXe siècle. L’année 1905 est marquée par la séparation de l’Église et de l’État. Le bâtiment change de statut et abrite le Service municipal des pompes funèbres (SMP). Près de trente mille corbillards par an quittent les écuries du 104, tirés par des chevaux. Mille quatre cents personnes y travaillent. Façon phalanstère, où s’agitent les corps de métier. Pleines bordées d’artisans, d’ouvriers. On débite le bois, vernit les cercueils, coud les tentures, lave et répare les corbillards, coiffe les cadavres, règle avec les familles le mode d’inhumation, la couleur du cercueil, le matériau, le lieu, le convoi, la prière, avant d’aller au trou. Ça négocie avec la mort, en complices joyeux. Dès 1928, l’automobile remplace le cheval. Les cochers virent en chauffeurs, les palefreniers en manutentionnaires, les maréchaux-ferrants en
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