Courrier des lecteurs Politis 1027

Politis  • 20 novembre 2008 abonné·es

De la lapidation comme pratique démocratique…

Hazem, ils t’ont donc lapidé. Mais tes jours ne sont pas en danger, dit la dépêche. Heureusement. Ils t’ont donc encore raté. La fois précédente, c’était avec des balles, te mutilant suffisamment pour que tu ne puisses plus faire ton métier de cameraman, et t’obligeant à te « reconvertir » dans la photographie. Bien sûr, les colons d’Hébron n’aiment pas qu’un photographe de l’AFP transmette les images de la vie quotidienne à Hébron. Mais aucun colon n’aime qu’on rapporte ce qu’est la réalité quotidienne de l’occupation. J’écris « lapidé » parce que, quand un gamin lance des cailloux sur un char de cinquante tonnes, ça s’appelle un jet de pierres, mais quand cent colons lancent des pierres sur un homme, ça ressemble beaucoup à une lapidation. En avril dernier, Hazem, tu nous as montré une partie de Hébron, tu nous as guidés dans cette ville divisée en deux depuis que deux cents colons occupent en toute impunité le centre de la ville sous la protection de l’armée israélienne, complice. Nous avons parcouru avec toi les petites rues arabes dominées par les immeubles accaparés par les colons. Petites rues couvertes de grillages pour se protéger du jeu favori des colons : bombarder les passants avec tout ce qui leur tombe sous la main, sans exclure les briques ni les parpaings, et surtout déverser leurs excréments, ce qui semble être pour eux le must de la civilisation.

Nous avons parcouru quelques-unes de ces rues vidées de leurs habitants : mille huit cents commerces ont été

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Courrier des lecteurs
Temps de lecture : 9 minutes