L’injustice au pouvoir

En partant de l’exemple de la réforme du statut des intermittents du spectacle, Maurizio Lazzarato montre comment les attaques néolibérales rendent la société inégalitaire.

Olivier Doubre  • 24 décembre 2008 abonné·es

Que penser d’un ministre de la Culture qui déclarerait : « Il y a trop d’intermittents, trop de compagnies, trop de spectacles, trop ­d’artistes » ? La raison d’être de son ministère n’est-elle pas de se réjouir et d’encourager une telle situation ? Cette curieuse phrase a pourtant été prononcée par Jean-Jacques Aillagon, alors ministre en fonction rue de Valois, en 2003, au moment où était lancée la « réforme » de l’assurance chômage des intermittents du spectacle, voulue par le Medef et le gouvernement Raffarin, et bientôt acceptée par la CFDT. Un dur et long conflit s’engageait alors du fait de la forte mobilisation des intermittents, conflit qui allait s’étendre de juin 2003 à avril 2007. Cette « réforme », véritable prototype néolibéral du genre, préparée notamment par Denis Kessler et François Ewald, à l’origine de la fameuse « refondation sociale » souhaitée par le Medef, théorisée au préalable par le premier dans un article paru à l’automne 1999 dans la revue Commentaire et intitulé ­« L’avenir de la protection sociale », allait être imposée aux intermittents par le représentant du syndicat patronal au sein de l’Unedic, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen depuis (en 2008) pour « fluidification des relations sociales » (sic), c’est-à-dire des distributions d’argent à certains syndicats et hommes

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