Ma cité U va squatter

Le collectif Jeudi noir a réquisitionné un bâtiment abandonné à Paris pour y loger des étudiants.
Il veut ainsi pointer les carences en logement et le manque de volonté des pouvoirs publics.

Antoine Vezin  • 24 septembre 2009 abonné·es

Quoi de mieux qu’un jeudi pour l’inauguration de la « cité universitaire sauvage », passage de la Bonne-Graine (Paris XIe), organisée par le collectif Jeudi noir ? En l’occurrence, il s’agit d’un bâtiment abandonné par La Poste depuis quatre ans et appartenant désormais à la société Adoma (ex-Sonacotra), en principe chargée de la construction et de la gestion de logements sociaux, notamment pour les travailleurs immigrés. La méthode des « galériens du logement » , comme à leur habitude, consiste ici à occuper les locaux abandonnés, de façon provisoire, s’engageant à quitter les lieux dès que la preuve concrète de la construction d’un véritable foyer Adoma leur sera apportée. En très peu de temps, la nouvelle a circulé : depuis le 22 août et l’ « arraisonnement » du squat, la bâtisse de fortune a vu s’installer 43 habitants.

Ce coup de force pointe les carences en logement pour les jeunes, qu’ils soient étudiants ou actifs. Mais surtout le manque de réactivité (et de volonté) des pouvoirs publics. Jeudi noir insiste sur l’urgence de la régulation des loyers. En effet, la crise du logement ne touche pas uniquement le secteur universitaire, il devient de plus en plus difficile de trouver un loyer décent dans le privé. Lors d’une conférence de presse du collectif, Jean-Baptiste Prévost, président de l’Unef, a souligné la nécessité d’accélérer le plan de construction. Le collectif reçoit quantité de soutiens, à la fois pour son action et ses revendications. Dont celui de Martine Billard, députée Verte de Paris, d’Olivier Besancenot, d’un délégué syndical de l’Adoma ainsi que d’Étienne Pinte, député UMP des Yvelines. Il n’empêche : l’Adoma a décidé d’attaquer en justice le collectif Jeudi noir. Jugement le 9 octobre.

Société
Temps de lecture : 2 minutes

Pour aller plus loin…

L’avocate des victimes de l’agression raciste dans la Creuse menacée
Exclusivité 29 août 2025 abonné·es

L’avocate des victimes de l’agression raciste dans la Creuse menacée

Les violences se poursuivent à Royère-de-Vassivière. Après la « chasse au nègre » menée le 15 août, pour laquelle sept personnes ont porté plainte, leur avocate, Me Coline Bouillon, a été la cible de menaces de mort et de viol en ligne, d’après nos informations. Elle a déposé plainte.
Par Élise Leclercq
« La lutte a rendu visibles les sans-papiers qui rasaient les murs »
Entretien 28 août 2025 abonné·es

« La lutte a rendu visibles les sans-papiers qui rasaient les murs »

Alors que le ministère de l’Intérieur s’acharne à enfermer les personnes sans-papiers pour les renvoyer de force dans leur pays d’origine, Alassane Dicko, de l’Association malienne des expulsés, revient sur l’histoire de la lutte des personnes expulsées et de leurs soutiens.
Par Pauline Migevant
À Calais, pour les personnes exilées, le flou règne autour de l’accord franco-britannique
Reportage 28 août 2025 abonné·es

À Calais, pour les personnes exilées, le flou règne autour de l’accord franco-britannique

L’accord entre la France et l’Angleterre sur l’immigration est entré en vigueur le 6 août. Il prévoit le renvoi en France de personnes arrivées au Royaume-Uni par la Manche contre l’acceptation des personnes éligibles au programme. Mais l’absence d’information laisse les exilé·es dans un dédale administratif.
Par Élise Leclercq
À Paris, l’hommage aux républicains espagnols de la « Nueve », premiers libérateurs de la capitale
Histoire 28 août 2025 abonné·es

À Paris, l’hommage aux républicains espagnols de la « Nueve », premiers libérateurs de la capitale

Comme chaque année depuis 2004, une cérémonie organisée par la Mairie de Paris a célébré les républicains espagnols de la 9e Compagnie de la 2e DB de Leclerc, qui furent les premiers soldats alliés à entrer pour libérer Paris le 24 août 1944.
Par Olivier Doubre