Pride des banlieues : « Il faut des moyens dans la santé, pas dans l’armée »

Créée en 2019, la Pride des banlieues aura lieu ce 7 juin à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Cette année, l’événement se mobilise pour la santé des personnes LGBT+ de banlieues. Entretien avec Yanis Khames, l’un des fondateur·ices.

Paul Hetté  • 6 juin 2025 abonné·es
Pride des banlieues : « Il faut des moyens dans la santé, pas dans l’armée »
Image extraite de "La Première marche" de Hakim Atoui & Baptiste Etchegaray (2020).
© Outplay Films

C’est quoi la Pride des banlieues ?

Yanis Khames : À sa création en 2019, la Pride des banlieues était un événement qui venait répondre à deux choses. La première, c'est qu’il y avait un discours médiatique sur les personnes LGBT+ en banlieue qui décrivait un enfer et qui servait – et sert d'ailleurs encore aujourd'hui – des discours qui justifient la précarisation de nos territoires, mais aussi leur stigmatisation et les politiques de répression.

Nous, on est venus dire que ce discours ne reflète pas la réalité du vécu des personnes LGBT+ dans les quartiers populaires et que plutôt que de parler de nous, on préfère expliquer que nos enjeux sont beaucoup plus proches des autres habitants de quartiers populaires que ce qui est décrit dans les médias. Le deuxième enjeu de cette Pride, c’est de parler des vécus des personnes qui habitent les quartiers populaires en y incluant des enjeux de race et de classe, en parlant par exemple de la précarité de ces territoires.

En 2022, la Pride des banlieues est devenue un mouvement qui rassemble une centaine de militant·es. On a pour objectif de faire entendre les revendications des personnes LGBT+ populaires à travers des actions de solidarité auprès de cette communauté et des actions de plaidoyer, avec des tribunes, des articles et des publications sur les réseaux sociaux.

Chaque année, la Pride des banlieues a une revendication principale. Pourquoi avoir choisi cette année de « marcher contre la destruction du droit à la santé pour toutes et tous » ?

Avoir une revendication principale permet de mettre en avant un enjeu précis des personnes LGBT+ des quartiers populaires et de pouvoir faire comprendre les priorités que nous avons. Cette année, on parle d'enjeux de santé parce que le gouvernement a promis beaucoup de moyens pour l’armée – 413 milliards d’euros sur la période 2024-2030. En parallèle, on observe que depuis 10 ans à

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Société
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