Retour en Algérie
Trois ouvrages récents explorent des points encore peu connus de l’histoire de la guerre d’Algérie et des premières années de l’Indépendance.
dans l’hebdo N° 1068 Acheter ce numéro

C’est sans doute le signe d’un passé qui a du mal « à passer ». L’histoire de l’accession à l’indépendance de l’Algérie continue de susciter de nombreux travaux d’historiens et de journalistes français. Trois d’entre eux, en cette rentrée, reviennent sur des épisodes troublés et souvent peu documentés de la douloureuse naissance puis des premières années du nouvel État. Comme le note d’emblée la journaliste Catherine Simon, (dernière) correspondante du Monde à Alger jusqu’en 1991, si « des milliers d’articles, des centaines de livres ont été écrits sur cette guerre », la plupart s’arrêtent « au seuil, au moment de l’Indépendance, sous le ciel fiévreux de l’été 1962 ». * L’auteure a choisi justement de s’intéresser à la construction de la République algérienne, en se concentrant sur un phénomène dont le rôle, prévient-elle, aura certes été « mineur », mais qui éclaire néanmoins de façon originale la *« formidable incompréhension des dures réalités de l’Algérie post-Indépendance dans la société française » . Il s’agit de la génération des « pieds-rouges », ces jeunes Européens anticolonialistes, très souvent français, venus à partir de 1962 aider la jeune République qui, dans l’enthousiasme de l’indépendance à peine conquise, constitue alors « l’un des pays symboles, avec le Vietnam, du tiers monde triomphant » . Ce sont les années de rêve d’une société nouvelle où, comme le dit l’un d’entre eux, « Alger, c’était un peu La Havane ! » Ils