Les ravages de la bombe LBO
La course à la rentabilité a poussé des fonds d’investissements à racheter des entreprises en les endettant. Exemple avec TDF, un groupe qui supprime des emplois alors qu’il est en bonne santé.
dans l’hebdo N° 1072 Acheter ce numéro

«TDF va bien ! Mais il est urgent de tailler dans la masse salariale… », indiquait récemment un tract des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT. Le principal diffuseur de télévision analogique, numérique (TNT) et de radio en France, TDF (sigle issu de l’ex-Télédiffusion de France) est un groupe européen en bonne santé financière, qui supprime des emplois à tour de bras. Un « plan de départs volontaires » sera ouvert en novembre après une récente grève de plusieurs jours à l’appel de quatre syndicats (CFDT, CFTC, CGT et FO) contre le projet de 550 suppressions de postes, sans plan social, sur un total de 2 400 en France. « Malgré une activité en forte croissance : radios FM, télécoms, déploiement du réseau TNT, le nombre de salariés est passé d’environ 3 900 en 1999 à moins de 2 400 en 2009 », constate la CGT.
Cette situation sociale désastreuse contraste avec la santé financière de TDF, qualifiée de « machine à cash » par des journaux financiers. L’entreprise reste « très profitable » , affirment les analyses d’un cabinet d’expertise mandaté en septembre par le comité central d’entreprise. Un document confidentiel que Politis s’est procuré indique même un bénéfice d’exploitation en hausse de 11,3 % pour l’exercice 2008-2009 et un chiffre d’affaires qui progresse de 6,5 % (814 millions