Mauvais plan pour l’« art et essai »

Après la fermeture brutale d’une des salles du Cinéma national populaire à Lyon, un collectif de citoyens et de cinéastes se mobilise pour pérenniser l’esprit insufflé par Roger Planchon.

Laurence Texier  • 15 octobre 2009 abonné·es
Mauvais plan pour l’« art et essai »

«Je passe au tourniquet dans quelques jours. » Un passage en caisse sans retour pour Jean Perera : comme sept des vingt-six employés du Cinéma national populaire (CNP) de Lyon, il doit rencontrer son PDG, Galeshka Moravioff, pour un entretien préalable au licenciement. Raisons invoquées : le contexte économique défavorable et une concurrence cinématographique acharnée. « Un coup dur après vingt-sept années de bons et loyaux services » , explique ce contrôleur de salle de 48 ans.

D’autant plus dur que les salariés n’ont pas digéré la fermeture brutale de la salle de l’Odéon, la plus ancienne des trois du CNP, survenue le 6 août dernier alors que les cinq salariés de la rue de la Grolée étaient en congés annuels. Galeshka Moravioff, qui possède également des salles de cinéma d’art et d’essai à Marseille (Les Variétés et le César) et à Paris (le Bastille), avait vidé l’Odéon dans le plus grand secret, emportant avec lui les 276 sièges et le matériel de projection. Rien de moins que « du pillage de nuit » , pour Jean Perera.

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Temps de lecture : 6 minutes