Sarkozy exproprie la démocratie locale
Le projet de loi du Grand Paris instaure un régime d’exception pour adapter encore plus la Région Île-de-France à la mondialisation libérale. Un véritable passage en force.
dans l’hebdo N° 1072 Acheter ce numéro

Le Figaro ne s’y est pas trompé. Le Grand Paris, dont le projet de loi a été adopté en conseil des ministres le 8 octobre, est « le projet emblématique du quinquennat » . « La pyramide du Louvre de Nicolas Sarkozy » ou son « musée des Arts premiers » , comme le dit son entourage. À un détail près, qui montre que les hommes de l’Élysée peuvent faire preuve de modestie quand il faut rassurer le bon peuple. Contrairement aux grands chantiers de François Mitterrand et de Jacques Chirac, le plan de charge du projet pharaonique du Nicolas-Ier court sur au moins deux décennies. Ils savent aussi parer une construction architecturale des plus beaux atours : « Aujourd’hui, retisser le lien entre la capitale et ses banlieues est un devoir d’intérêt national, beaucoup plus salutaire qu’un énième musée, sur l’île Séguin ou ailleurs » , explique un conseiller élyséen. Il s’agit surtout de faire voter une loi qui permette « à l’État d’imposer ses choix face aux élus ». Des choix qui visent moins à organiser la cité en fonction des besoins de ceux qui y vivent, y travaillent et s’y distraient, qu’à satisfaire les desiderata des grandes entreprises : « L’ambition [est] de redonner à la Région capitale sa place prééminente dans la