Ces boîtes qui délocalisent en prison
Deux journalistes ont enquêté pendant un an sur le travail en milieu carcéral. Dans un livre, ils dénoncent l’exploitation des détenus par les entreprises privées.
dans l’hebdo N° 1089 Acheter ce numéro

ils travaillent douze mois sur douze pour une bouchée de pain, sans contrat et à des cadences effrénées. Leur usine, c’est Fleury-Mérogis ou la Santé. Ils sont détenus, exclus du code du travail, payés 3,90 euros brut de l’heure, et représentent une manne pour les entreprises. Un scandale sorti de l’ombre par deux journalistes indépendants, Gonzague Rambaud et Nathalie Rohmer, qui publient après un an d’enquête l e Travail en prison. Enquête sur le business carcéral.
Le livre s’ouvre sur ce constat : l’exploitation des détenus est légale. Selon l’article 717-3 du code de procédure pénale, « les relations de travail des personnes incarcérées ne font pas l’objet d’un contrat de travail ». La rémunération n’est même pas obligatoire. Autant dire que, pour les entreprises implantées dans 181 des 197 prisons françaises, c’est Disneyland. Les rythmes qu’elles imposent sont parfois tellement soutenus que les détenus doivent terminer leur tâche en cellule. Gonzague Rambaud décrypte le système : « Les 3,90 euros brut de l’heure ne