Cartes d’identité

Jean-Christophe Attias  • 6 mai 2010 abonné·es

Le judaïsme n’a jamais été une religion du territoire. Le territoire y est au mieux un horizon, il dessine une espérance. Il ne s’étend pas seulement en longueur et en largeur, il oblige à lever les yeux. Il est espace avant tout, et cet espace n’est guère différent de ce qui lui est pourtant souvent opposé : le temps. Qui à la fois nous échappe, nous porte au-delà de nous-mêmes et nous rappelle notre fragilité. Moïse jamais ne foula le sol de la Terre promise. Et, pendant des siècles, tout en ne cessant pas de rêver d’une Jérusalem à la fois perdue et espérée, les Juifs en diaspora ont su, là même où ils vivaient, s’en imaginer de nouvelles et de provisoires. Salonique, Vilna, Amsterdam, nombreuses ont été les prétendantes au titre de Jérusalem de l’exil. Comment les descendants de ces Juifs-là en sont-ils venus à croire que Jérusalem, la « vraie », celle d’Orient,

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