Lu, vu, entendu

Politis  • 18 novembre 2010
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LU

Claude Allègre a signé un affligeant, mais ô combien révélateur, « plaidoyer en faveur de Sarkozy » dans le Point (10 novembre). Approuvant sans retenue la réforme des retraites, l’ancien ministre de l’Éducation sait gré au chef de l’État de « ne pas [avoir] pli[é] pour défendre un ministre qu’il juge capable et honnête » , « une vraie innovation ! » Il salue plus loin sa « détermination » et son « courage » face à la crise. Sarko nous « a évité 1929 » , s’exclame Allègre, qui loue son discours à la Knesset, « que François Mitterrand aurait applaudi » , un « effort financier » en faveur de l’université sans « aucun équivalent depuis le premier gouvernement du général de Gaulle » , etc. Il est malgré tout resté à la porte du gouvernement.

VU

France Inter s’attend au pire et le pire arrive toujours. Ce jeudi 18 novembre, tombent les audiences radio de Médiamétrie depuis la rentrée. La matinale apathique imposée par Philippe Val, débarrassée de ses fers de lance et trublions Didier Porte et Stéphane Guillon, tous deux piteusement remplacés, s’apprête à enregistrer une chute vertigineuse. Dans son spectacle « Didier Porte aime les gens », diffusé en direct ce samedi sur Paris Première, l’humoriste a prévenu : « Vous allez voir qu’ils vont mettre ça sur le dos des grévistes ! » Porte aurait pu aussi emprunter aux Tontons flingueurs : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! » La chronique prétendument humoristique de Sophia Aram, lénifiante lundi face à DSK, a pu montrer combien le ton, le niveau de langue et l’impertinence séparent un Guillon et un Porte des actuels chroniqueurs.

ENTENDU

De passage à Paris après le G20, Dominique Strauss-Kahn a fait part de son « plaisir » au micro de France Inter : « Dans les pays où il a fallu tailler le plus durement dans les dépenses […], les nouveaux programmes du FMI sont bien acceptés par les populations » , prétend-il, citant la Grèce, où, dimanche, « la gauche au pouvoir a gagné les élections régionales et locales » . Avec toutefois près de 55 % d’abstention, un record depuis la dictature des Colonels, qu’aucun journaliste n’a eu l’effronterie de lui rappeler. Prolongeant sa leçon, le docteur DSK a assuré qu’il n’est pas de « mesure difficile » qui ne puisse être acceptée par la population ; par exemple, « l’allongement de la vie a conduit à remettre en cause le système de retraite » . « Selon les pays, cela s’est passé plus ou moins facilement selon que ça a été plus ou moins expliqué. » Ce fut la seule pique envoyée à Sarkozy.

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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