Les marchands à l’assaut des forêts
Au nom de la lutte contre la déforestation, on voit s’imposer des solutions locales purement économiques aux effets pervers pour les forêts et les populations.
dans l’hebdo N° 1131 Acheter ce numéro
C’est l’une des timides satisfactions de Cancún : un accord a été ébauché in extremis sur la déforestation. Responsable de 12 à 18 % des émissions de CO2, elle touche pour l’essentiel les pays tropicaux, qui ne sont pas soumis à l’obligation de réduire leurs émissions. Au sommet climat de Bali, en 2007, avait été décidé de lancer un mécanisme de rémunération pour les inciter à limiter la déforestation. Cancún vient de l’accoucher. Appelé Redd (pour « réduction des émissions de la déforestation et de la dégradation »), il pourrait générer jusqu’à 100 milliards de dollars par an ! Une manne qui, depuis trois ans, a incité divers pays peu concernés à faire pression pour en bénéficier. Ainsi Redd embrasse aujourd’hui un large éventail d’actions éligibles pour les forêts : recul des coupes, de la dégradation, amélioration de la gestion, conservation, et même plantations agro-industrielles (augmentation du stock de carbone…). « Progrès ou fuite en avant ? , interroge Alain Karsenty,