À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »

Dans la ville de Seine-Saint-Denis, le maire sortant de gauche, Abdel Sadi, conserve son fauteuil face à une alliance centriste. Une victoire serrée et marquée par de fortes polarisations où la défiance des habitant·es et les divisions locales restent des enjeux majeurs pour l’avenir de la ville.

Kamélia Ouaïssa  • 24 mars 2026 abonné·es
À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »
Le quartier Karl Marx, à Bobigny
© Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Avec 48 % des voix, Abdel Sadi conserve sa place à la tête du chef-lieu du département de la Seine-Saint-Denis. Une victoire, certes, mais aussi une ville fracturée. À Bobigny, ce score ne semble pas suffire à masquer les failles qui traversent la ville. Issu du parti communiste, le maire élu était soutenu par une coalition du Parti socialiste (PS) à La France insoumise (LFI), face à une alliance centriste menée par Jimmy Mesquita, agent immobilier, sans étiquette mais dont l’équipe comprend plusieurs anciens adjoints de Stéphane De Paoli, ex-maire UDI de Bobigny entre 2014 et 2020. Dans ce contexte, la campagne s’est traduite par de fortes mobilisations sur le terrain, notamment dans les quartiers populaires.

Sur le parvis de l’hôtel de ville, avant les résultats, Benjamin Dumas, directeur du cabinet du maire, décrit un climat « assez tendu » et des « intimidations devant les bureaux de vote » qui seraient venues du côté de Jimmy Mesquita. Selon lui, ces actions seraient ciblées : « Des jeunes aux alentours des bureaux de votes crient “Voter Mesquita”. Mais on a l’impression que ce n’est même pas pour convaincre les électeurs, c’est surtout pour faire peur aux autres, pour les empêcher de voter. »

À quelques mètres, dans le quartier Paul Éluard, un barbecue est organisé par un groupe de jeunes le jour du scrutin. Son organisation, à cette heure, interroge certain·es. Le directeur du cabinet voit ce barbecue improvisé comme une tentative d’influence « pour motiver les gens à aller voter Mesquita ». « Pendant l'entre-deux-tours, des jeunes nous ont rapporté des rumeurs d’achat de vote, avec des tarifs variables, entre 10 et 50 euros. Ce ne sont que des rumeurs mais cela participe à un climat malsain de suspicion », explique-t-il.

Sur place, l’un des jeunes à l’initiative du barbecue reconnaît une volonté de mobilisation électorale. « Nous, on a une seule consigne, c’est d’aller voir

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