Lu, vu, entendu

Politis  • 2 décembre 2010
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LU

« C’est un formidable message d’espoir que porte l’Irlande […] Vous proposez un modèle de développement, mais aussi un modèle de solidarité avec un ancrage solide, rapide, efficace sur le chemin du développement économique. » Voilà en quels termes Jean-Pierre Raffarin s’adressait aux Irlandais le 24 mai 2004. Selon le site Bakchich (29 novembre), qui a eu la bonne idée d’exhumer le discours d’anthologie qu’y tint alors notre Premier ministre, ce dernier, non content de vanter la « croissance forte et durable [du] tigre celtique » , ne voyait que « des atouts dans le modèle irlandais » , « que des avantages », et souhaitait inciter « les acteurs économiques et sociaux français à s’intéresser à ce modèle irlandais, qui apporte toute sa dimension au modèle européen » . C’est tout vu. Et l’on ne peut que louer tous ceux qui n’ont pas suivi « l’Irish idée de Raffarin » .

VU

Les primaires présidentielles du Parti socialiste irritent Cécile Duflot, qui l’a dit crûment dimanche sur Canal +. Non seulement la secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts affirme n’avoir « pas de préférence » entre DSK, Aubry et Royal, mais elle met en garde : « Si on se concentre exclusivement sur les qualités intrinsèques des uns et des autres, on passe à côté du vrai sujet : quelle politique on mène au niveau européen […], au niveau français. Qu’est-ce qu’on fait ? [On est] candidat pour quoi faire ? » Selon elle, « le concours de beauté, ça ne marche pas ! Je pense que dans la situation qu’on vit, les électeurs, les électrices, les habitants de ce pays en ont aussi un peu ras-le-bol du concours de beauté. Ils ont envie de savoir ce qu’on propose » . Le concours de beauté est hélas inhérent à la présidentielle, mais depuis 2006 et les stupides cris d’orfraie des « royalistes » contre les hommes politiques qui le dénonçaient, plus personne n’avait osé le dire.

ENTENDU

Sur France Inter, Jean-François Copé a justifié lundi le refus du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, de communiquer au juge Renaud Van Ruymbeke les auditions réalisées par la mission d’information parlementaire sur les circonstances de l’attentat de Karachi. Selon lui, les témoins n’auraient accepté de parler « qu’à la condition expresse du huis clos » , et transmettre ces auditions à un juge enquêteur, c’est presque les rendre publiques. Car comme l’a dit le secrétaire général de l’UMP pour motiver cette fois son refus d’autoriser ce juge à consulter la délibération (secrète) du Conseil constitutionnel sur les comptes de campagne de Balladur : « Il faut arrêter de faire croire aux gens que le secret de l’instruction n’est jamais violé. » Il y a bien quelque chose à cacher.

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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