Quoi de neuf, docteur ?

Politis  • 3 février 2011 abonné·es
Dans la pénombre lambrissée d’un bar de grand hôtel, je le cherchais du regard, en marchant à pas feutrés sur la moquette beige. Je l’ai reconnu de trois quarts, enfoncé dans un fauteuil en cuir blanc, costume gris d’une autre époque, avec sa fossette au menton, son volume de cheveux gris tirés en arrière, ses lunettes cerclées et ses oreilles immenses. Oui, Jacques Lacan en personne, ou plutôt en chair et en os, trente ans après sa mort. Je me suis assis en face de lui en lui adressant un sourire gêné, puis j’ai commandé un whisky. Comme s’il m’attendait pour poser la question, il a demandé d’un ton de reproche, avec son timbre nasal et minéral à la fois : – Qu’est-ce que je fous là ? – Aucune idée, mais vous êtes bien là. – « Bien », c’est vous qui le dites. Quel jour sommes-nous ? – Jeudi 3 février 2011. – Merde…
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