Made in France

Paul Pavlowitch  • 3 mars 2011 abonné·es

Ma mère avait le teint clair des natives de la Baltique, mon père arborait une carnation de Turc. Elle luttait contre les coups de soleil en posant sur son nez un triangle de carton qu’elle coinçait sous ses lunettes. Croquant une pomme, elle lisait Wharton pour le sentiment et Wallace pour passer le temps. Méditerranéen, lui se méfiait ; il choisissait le trottoir à l’ombre, portait le panama et avouait un faible pour les costumes de flanelle blanche. Trapu et chauve, mon père aimait vivre ; il préférait flâner dans les rues. Le détail est le grain du temps.

À l’époque, la télé émettait trois heures le soir et concluait au son de « la Marseillaise ». Ça suffisait. Vaincue en Indochine, la France était à l’heure de la guerre d’Algérie, du Tour de France et du scooter Manurhin, version alsacienne d’un produit allemand. On démarrait cette

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