Lu, vu , entendu

Politis  • 7 avril 2011
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LU

Fait rare, Patrick Buisson, « l’éminence grise » de Nicolas Sarkozy, avait droit à une pleine page dans Paris Match la semaine dernière. Le conseiller le plus écouté du chef de l’État y dénonce « l’invraisemblable prolophobie » des élites à l’encontre des électeurs du FN, et estime que « le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste ». À le lire, le plan de bataille de Sarkozy pour reconquérir les électeurs UMP perdus tiendrait en trois axes : l’immigration (« beaucoup de fermeté »), l’identité nationale et le pouvoir d’achat, avec « une grande loi de réhabilitation du travail » qui « lutterait contre l’assistanat en réservant, par exemple, le RSA et le RMI [supprimé depuis 2 ans] à ceux qui ont un travail ». Avec une telle éminence grise, on comprend que Sarkozy soit au plus bas.

VU

Après Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, et un « débat » Allègre-Cohn-Bendit le 14 mars, la rédaction du 20 heures de France 2 récidivait le 17 mars avec un sujet sur le thème « peut-on sortir du nucléaire ? » qui affirmait que, pour se passer de nos centrales françaises à consommation constante, il faudrait recouvrir de panneaux solaires une surface grande comme… l’Europe ! Autant dire la mer à boire. Le 24 mars, entre deux sujets, le présentateur annonce qu’une erreur s’était « glissée » dans ce fameux reportage. Ce n’est plus la surface de l’Europe qu’il faudrait couvrir, mais celle du Tarn-et-Garonne… soit près de 3 000 fois moins. Une semaine pour reconnaître une erreur aussi énorme, et on attend toujours un nouveau sujet sur la sortie du nucléaire. Invité, le lendemain, du site Arretsurimages.net, Pujadas a refusé d’expliquer l’origine de la bourde. Simple erreur de journaliste ou enfumage d’Areva ? Les spéculations vont bon train.

ENTENDU

Lundi matin sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet attend du débat de l’UMP sur la laïcité qu’il réponde à un « sujet qui se pose quotidiennement et qui commence à casser la tête de tout le monde » : des « enfants de 6 ans refusent de manger du hachis Parmentier sous prétexte que le bœuf n’a pas été égorgé comme il faut », assure la ministre, maire de Longjumeau, avec aplomb. Arretsurimages.net a mené l’enquête auprès des écoles et des responsables de cantine de la ville : la plupart sont « perplexes » et avouent n’avoir jamais eu connaissance de problèmes de hachis Parmentier. Le directeur de cabinet de NKM avoue même que « cela concernerait très peu de personnes, peut-être deux ou trois, dans une ou deux écoles ». Et cela suffit pour casser la tête de tout le monde.

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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