L’homme était ouvert et sympathique. Il appartenait à cette aile sociale du centrisme ralliée à Pompidou en 1969 dans la foulée de son chef de file, Jacques Duhamel. A l’époque, la presse parlait des « trois S » — Stirn, Soisson, Stasi —, jeunes loups promis à l’avenir radieux des maroquins ministériels (ils furent servis).
Il est donc le premier à partir.
De l’ex-maire d’Epernay, qui vient de mourir à 80 ans, je me souviens notamment de cette soirée électorale de 1974, élection présidentielle qui vit Giscard d’Estaing gagner la primaire à droite , écrasant l’héritier naturel du gaullisme, Jacques Chaban-Delmas.
La scène se passe dans un couloir d’Europe 1, entre deux de ces buffets gargantuesques dont la station de la rue François 1er se faisait un devoir de régaler le Tout Paris les soirs d’élections.
Je croise Bernard Stasi, qui arrive comme je pars. Il est décomposé : il a joué Chaban et déteste Giscard. « J’hésite — me dit-il, visiblement sincère — à lancer un appel à voter Mitterrand au second tour. Je me donne encore quelques jours de réflexion. »
De réflexion. Et d’étude affinée des sondages … La sincérité, chez les politiques, n’exclut pas le calcul.
C’était l’heure de l’homme de Chamalières. Stasi lui fit allégeance.
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