Rome, cité métisse
L’Énéide de Virgile, poème d’une identité métissée… La spécialiste de l’Antiquité Florence Dupont interroge la conception romaine de la citoyenneté. Une leçon pour nos temps réactionnaires.
dans l’hebdo N° 1162 Acheter ce numéro
Nombreux sont les anciens élèves de lettres classiques qui se souviennent d’interminables versions latines tirées d’un extrait de l’Énéide de Virgile. Jacqueline de Romilly, feu professeure au Collège de France, n’avait pas encore pris la plume alors pour défendre l’enseignement des langues anciennes, qualifiées, tel un mauvais présage, de « mortes »... Les vers de Virgile ont longtemps constitué pour tous les collégiens de France le « poème national » dédié à la fondation de Rome, affirmant une « identité romaine » mythifiée, tel que l’avait lu Fustel de Coulanges au XIXe siècle.
Avec une érudition impressionnante, Florence Dupont, auteure de nombreux ouvrages sur l’Antiquité et spécialiste du corps et de la voix dans la Grèce et la Rome anciennes, s’attache au contraire à montrer « l’aveuglement » de l’auteur de la Cité antique vis-à-vis du texte de Virgile. Elle fustige ainsi la « conception nationaliste de Rome » qui, « alliée à la croyance en une psychologie des peuples »,
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