A quoi …

… devons-nous faire face ?

Bernard Langlois  • 9 septembre 2011
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[Quelques jours sans internet, et au retour dans ma boîte saturée de messages, la triste nouvelle : Velveth ne commentera plus. Sous ce titre, malheureusement explicite, l’hommage, sobre et juste, de Stéphane Alliès, celui d’Edwy Plenel, et des dizaines d’autres, envers ce blogueur de grande classe, polémiste redoutable, pilier du club de Médiapart, où il avait de nombreux fidèles.

Illustration - A quoi …

Hommage au journaliste, mais aussi bien sûr au militant intransigeant d’une gauche vraiment de gauche, aux espoirs toujours déçus (il venait de quitter le NPA …), mais ne renonçant jamais à la bagarre. Le mieux, pour en savoir plus, c’est de vous transporter ici. Mais pour qu’une trace soit gardée sur ce blog du passage sur cette chienne de terre du camarade Jean-Robert Velveth, alias Archie, je recopie ce texte de lui exhumé par un de ses lecteurs (2iemDB) qui donne son titre à ce billet. Il date de mars 2010.]

A quoi devons-nous faire face ?

06 Mars 2010

Par Velveth

Face à un antisémite, je suis
juif.

Face à un stalinien, je suis
trotskiste.

Face à une armée, je suis fusillé
pour l’exemple.

Face à Tsahal, je suis
Palestinien.

Face à Sarkozy, je suis pêcheur
au Guilvinec.

Face à Castro, je suis homo.

Face à la CIA, je suis guévariste.

Face à Poutine, je suis
tchétchène.

Face à l’OTAN, je suis afghan.

Face au pape, je suis capote.

Face aux Pinochet, je suis Victor
Jara.

Face aux curés, je suis athée.

Face à la société machiste, je suis
féministe.

Face à l’optimisme, je suis sceptique.

Face à la fatalité, je suis
optimiste.

Face à la pluie, je suis
gouttière.

Face à l’avenir, je suis suranné.

Face à l’autorité, je suis
rebelle.

Face aux institutions, je suis
Marcos.

Face aux marchés financiers, je
suis alter.

Face au Grenelle, je suis
radical-écolo.

Face à la bourgeoisie, je suis
hors-classe.

Face à la condition humaine, je
suis Malraux.

Face à la pub, je suis
décroissant.

Face à la beauté, je suis tribun.

Face à l’éternité, je suis étoile
filante.

Face au raciste, je suis sans-papiers.

Face à la mort, je suis déicide.

Face à l’écriture, je suis
poids-plume.

Face au commerce, je suis
gratuit.

Face aux certitudes, je suis
affligé.

Face au capitalisme, je suis
abolitionniste.

Face aux conventions, je suis
dissident.

Face à la vieillesse, je suis
poupon.

Face à la jeunesse, je suis
subordonné.

Face à la vertu, je suis
Robespierre.

Face à la vanité, je suis
escarbille.

Face aux vérités, je suis
conditionnel.

Face aux souvenirs, je suis
infécond.

Face au terrorisme d’Etat, je
suis Rouillan.

Face à la propriété, je suis vol.

.

Les deux premiers « Face à » sont des formules souvent prononcées par Alain Krivine que j’ai eu la chance de côtoyer des années durant. On peut être en désaccord politique avec les idées professées par ce « dirigeant historique » mais son humour, sa simplicité et son humanité sont des enchantements pour qui l’a fréquenté. En 2001, alors âgé de 60 ans, âge ou la plupart des politiciens se sentent indispensables, il décide de «passer la main» tout en restant un simple militant actif. Un jeune facteur de 26 ans fera ses premiers pas sous son œil réjoui, lui qui fut candidat à la présidentielle de 1969, sur une idée de Daniel Bensaïd, alors qu’il effectuait son
service militaire …

[Tel était Velveth. Pensées pour ses proches.]

Publié dans
Les blogs et Les blogs invités
Temps de lecture : 3 minutes
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