le business de la peur
New York est devenu un laboratoire de l’antiterrorisme, et les compagnies de sécurité privées pullulent dans toute l’Amérique. Un secteur florissant qui menace les libertés civiques.
dans l’hebdo N° 1167 Acheter ce numéro
Le quartier de Park Row aurait pu faire l’objet d’un roman de George Orwell. À quelques rues de Ground Zero, ce microquartier coincé entre Chinatown et le pont de Brooklyn, dans le sud de Manhattan, est encadré par une série de check-points. Caméras visibles à chaque coin de rue et dans l’entrée des bâtiments. Les axes de circulation sont jalonnés de blocs de béton, de plots orange et de signes « stop ». Les deux mille habitants du quartier sont enregistrés auprès de la police et ne peuvent entrer avec leur voiture que sur présentation d’une pièce d’identité.
Si Park Row vit derrière les barrières, c’est parce que le quartier général du NYPD, la police new-yorkaise, se trouve en plein milieu, dans un grand bloc de briques rouges dont l’allure austère renforce le caractère orwellien. Ces mesures de sécurité existaient déjà avant le 11 Septembre mais elles ont été renforcées : nouveaux check-points ajoutés, circulation des véhicules interdite. Les habitants de Park Row se sont retrouvés du jour au lendemain dans une zone sous haute surveillance.
Et ce n’est pas la promesse de la police de construire une belle zone piétonne qui va amadouer les locaux. Certains assurent que les nouvelles mesures ont pénalisé les commerçants et la vie de quartier. D’autres se sentent « fliqués » et accusent le NYPD d’avoir sacrifié leur mode de vie sur l’autel de la sécurité. En juin 2010, le représentant démocrate Jerrold Nadler et plusieurs responsables politiques locaux ont demandé à l’administration Obama la réouverture de la rue principale. En vain. « Ça ressemble à check-point Charlie, lance un résident. La police devrait être plus attentive aux demandes des gens du quartier. »
Park Row n’est pas isolé
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