Levaï, DSK …

… libertinage et prostitution

Bernard Langlois  • 16 octobre 2011
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Alors qu’à Radio-France circule un projet de » charte » émanant de la direction qui énonce, à l’usage des salariés, les règles d’une utilisation bienséante des commentaires sur les sites officiels de la maison, on laisse passer à l’antenne des choses curieuses, qui pourraient paraître incongrues.

Par exemple, dans la revue de presse du week-end que nous sert Ivan Levaï [^2].

Nul n’ignore que le premier mari d’Anne Sinclair

Illustration - Levaï, DSK …

a, dans un ouvrage récent, volé au secours de ce pauvre DSK soumis à la vindicte publique, et qui, selon lui, est forcément innocent, puisque Anne Sinclair est toujours à ses côtés … Le livre est mince, comme l’argument, et dans le genre pavé de l’ours, il est difficile de faire mieux.

Or voilà qu’aujourd’hui le nom de l’ancien directeur du FMI est à nouveau cité dans une affaire de proxénétisme qui met principalement en cause quelques notables lillois.

Et c’est Levaï qui nous en informe dans sa prestation de ce matin. Mais là encore, il s’y prend d’une drôle de manière.

Toujours soucieux de blanchir son ami, il nous sert toute une digression sur les mérites du libertinage (dont DSK est un adepte avoué), qui nous garderait de tout fanatisme, notamment politique. Exemples à l’appui : Sade était un homme pacifique et Robespierre, à l’inverse, homme vertueux, fut le monstre que l’on sait (enfin, tel que Levaï le considère).

Admettons. Encore qu’on pourrait trouver bien des exemples de libertins et de débauchés qui furent des satrapes sanguinaires, Staline et Mao par exemple ….

Mais la question n’est pas là : comme on l’a dit cent fois, le libertinage en soi n’est pas choquant, toutes pratiques sexuelles entre personnes adultes et consentantes sont licites et ne nous regardent pas.

C’est de tout autre chose dont il s’agit ici, avec cette affaire lilloise où (peut-être) Strauss-Kahn est mouillé, en tant que client : de prostitution, de proxénétisme.

Comme il était question hier, concernant le même homme, de viols et d’agressions sexuelles.

Pas plus hier qu’aujourd’hui , le mot (plaisant, autant que peut l’être la pratique) de « libertinage » ne peut recouvrir les violences faites aux femmes et leur exploitation sexuelle.

Or ce matin, sur Inter, M. Levaï, de sa façon ordinairement hypocrite, nous a tout bonnement fait passer en contrebande une apologie de la prostitution et du proxénétisme.

Mais ce n’est pas bien grave, puisque la maison a désormais son projet de « charte de modération des commentaires », où l’on apprend aux collaborateurs les règles de la bienséance …

[^2]: Plus un numéro de cabotinage, d’ailleurs, qu’une revue de presse digne de ce nom …

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