Paroles de blog (7) …

… où il est question de culture et de révolution.

Bernard Langlois  • 11 novembre 2011
Partager :

[Je ne le connais pas personnellement. Il s’appelle Samuel Holder, est issu de la mouvance trotskiste, a rejoint la LCR à la fin des années 90 après avoir été exclu, avec le courant qu’il animait, de Lutte Ouvrière. Depuis déjà plusieurs années, je reçois, à intervalles irréguliers, sous l’intitulé « Culture et Révolution, journal de notre bord » , une lettre électronique traitant de l’actualité politique et culturelle, toujours bien écrite et bien intéressante sur le fond. Dans la lettre n°135, reçue hier, Holder revient sur la chute de Papandréou et Berlusconi, sacrifiés sur l’autel de la Crise (après d’autres) et prédit : « La grande déroute des politiciens ne fait que commencer. » Extrait. ]

« Que sont-ils d’autre au juste ces hommes d’État du G20 que des huissiers mandatés par les banques pour s’emparer de nos maigres ressources ?

« Ils viennent et reviennent avec leurs mesures et plans d’austérité qui s’enchaînent en rafale dans tous les pays européens et au-delà. Qu’ils se conduisent en hystériques, en marioles obscènes ou en croque-morts
impassibles ne change rien de fondamental à leur fonction.

« À la longue, à force d’être injuriés, détestés, haïs comme on l’a vu en Grèce et en Italie, il faut que d’autres huissiers plus “frais” (de gauche ou de droite, quelle importance) émergent d’un scrutin quelconque. Il faut qu’ils soient tout
aussi impitoyables avec les peuples et serviles avec les grands groupes et actionnaires qui se cachent sous un curieux vocable, les “marchés”.

« Comme si les capitalistes, les banquiers, les grands patrons, les riches, les grands bourgeois, les dominants, peu importe comment on les nomme,
avaient besoin de s’abstraire de la scène du monde … 

Illustration - Paroles de blog (7) …

« Les “marchés” ont peur, les “marchés” sont insatisfaits et demandent plus de sacrifices ! Cela a un côté puissances infernales mythologiques qu’on ne peut ni cibler ni contrer. En conséquence nous, les Danaïdes d’aujourd’hui, serions condamnés à remplir sans fin un tonneau sans fond dont le diamètre ne cesse de croître et que des économistes bien renseignés sur les fétiches du capital appellent avec respect et terreur, les “dettes souveraines” (ou
publiques) … »

[La suite sur le blog, qui s’ouvre sur cette citation savoureuse de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard (1931-1989) : «  Les gouvernements sont intéressés à faire en sorte que la société ne soit pas éclairée car s’ils éclairaient la société qu’ils gouvernent, il ne faudrait pas beaucoup de temps avant qu’ils soient anéantis par cette société qu’ils auraient éclairée. »]

Publié dans
Les blogs et Les blogs invités
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don