Doit-on légiférer sur l’histoire ?
Le Sénat doit se prononcer sur une loi réprimant la négation du génocide arménien. Philippe Kaltenbach estime que cette loi vise à défendre nos valeurs humanistes. Pour Gilles Manceron, c’est une intrusion dans le travail des historiens.
dans l’hebdo N° 1185 Acheter ce numéro
La proposition de loi votée le 22 décembre à main levée par la majorité d’une cinquantaine de membres présents de l’Assemblée nationale voudrait pénaliser la négation ou la « minimisation » des génocides « reconnus par la loi ». Était visée la question du génocide arménien de 1915, comme l’indiquaient les déclarations de Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Arménie début octobre, mais l’absence de référence explicite dans le texte adopté et son extension à tous les génocides « reconnus par la loi » laisse planer la menace de poursuites du seul fait de nouvelles lois qualifiant de génocides d’autres massacres commis dans le passé en tel ou tel endroit de la planète.
C’est confier à la loi la qualification et l’analyse des événements, qui sont le travail même de la discipline historique. Or, autant la représentation nationale peut, lorsqu’il s’agit de faits graves auxquels notre nation et notre État ont été mêlés et dont des traces sont encore visibles aujourd’hui, prendre acte officiellement de ce qui fait consensus dans la recherche historique, comme elle l’a fait
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