Sondages : démocratie ou aliénation ?
L’influence des sondages est-elle dommageable ? Patrick Lehingue estime que journalistes et personnel politique y recourent de manière excessive ; Gilles Finchelstein considère qu’avec des précautions, ce sont des outils très utiles.
dans l’hebdo N° 1194 Acheter ce numéro
Professeur de science politique à l’université de Picardie. Derniers ouvrages parus : le Vote (La Découverte, « Grands Repères », 2011) et Subunda. Coup de sonde dans l’océan des sondages (éd. du Croquant, 2007).
La question n’est évidemment pas d’être pour ou contre les sondages puisque ceux-ci ne sont qu’un instrument. En revanche, on est en droit de critiquer les manières dont cet instrument est conçu, utilisé, interprété, et la place exorbitante qu’il peut prendre dans les débats politiques.
Sur les éventuels effets des sondages, je réponds toujours par une boutade, sorte de variante de la paille et la poutre : la question des effets des sondages doit surtout être retournée à ceux qui la posent. Les sondeurs, les responsables politiques, les journalistes croient déceler des effets massifs et immédiats sur les électeurs, alors qu’ils sont les premières victimes (consentantes) des effets qu’ils déplorent chez les autres.
S’agissant des électeurs, les effets demeurent modestes et difficilement mesurables. Je ne dis pas qu’il n’y en a aucun, mais il s’agit plutôt d’un effet à la marge. Les sondages d’intentions de vote confortent des formes de votes tactiques, essentiellement dus d’ailleurs aux déconvenues des sondages précédents.
Incontestablement, le 21 avril 2002 a
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