Pour ou contre le « fact-checking » ?
Apparue dans la presse anglophone, puis sur Internet, la pratique d’une vérification journalistique des chiffres et des faits avancés par les hommes politiques s’est récemment répandue en France. Gadget ou véritable instrument de démocratie ?
dans l’hebdo N° 1199 Acheter ce numéro
S’il veut rester un contre-pouvoir démocratique, le journalisme doit apprendre à démonter les nouvelles formes de communication. Depuis maintenant plusieurs années, le chiffre s’est imposé comme la nouvelle « arme de distraction massive » employée par les acteurs de la vie politique et économique française pour éloigner des enjeux de fond. Face à cet artifice, certains d’entre nous ont opéré un retour à la vérification, fondement de ce métier, des déclarations publiques sur la base de sources officielles ou reconnues, une pratique importée en France sous le nom de « fact-checking ».
L’émergence de ce « chiffre politique » dans le discours s’est faite à la faveur de la crise économique, qui matraque nos oreilles de ses angoisses mathématiques, et de l’arrivée par la grande porte de l’exécutif de la Révision générale des politiques publiques, où la réduction des finances publiques devenait l’unique vertu des politiques publiques. En quelques années, le canon à statistiques a été accroché au râtelier électoral de tous les partis, jusqu’à celui de Marine Le Pen, qui, durant cette campagne présidentielle, n’a cessé de légitimer fermeture des frontières à l’immigration et politique de sécurité par des données plus ou moins fantaisistes.
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