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De même que chez nous, en mai 1968, le conflit né à l’Université a gagné la classe ouvrière et failli emporter le régime, de même nos cousins québécois sont peut-être en passe de renverser le gouvernement provincial de Jean Charest : l[a « loi spéciale » a du mal à passer ]
(http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gTeWEuEIXYdb21hdJHL5jYxOMNPA?docId=CNG.88b8e71eff76621f5de34eadc6f41679.8c1 …)
Ce sont, là aussi, les étudiants qui ont allumé la mèche d’ une révolte suscitée par l’augmentation brutale des frais de scolarité à l’Université : plus de 80 % de hausse, une paille !
Le fameux cycle manifestation-répression dure depuis maintenant depuis quatorze semaines et on ne voit guère le bout du conflit.
Je vous invite à lire ci-dessous le vigoureux édito d’un blogueur local, Robert Bibeau.
Vigoureux (« Ne touchez plus à nos enfants, manants ! ») et savoureux, car écrit dans cette langue si vivante et imagée qu’ils pratiquent là-bas et qui, même quand certaines situations et particularités locales nous échappent, est un vrai régal !
La parole à M. Bibeau !
FIN DE RÉGIME À QUÉBEC
« Jean Charest haussa le ton et sa voix menue fut entendue jusqu’au fond du Salon bleu par les reporters de la presse docile. Ce n’est pas la fin de règne qu’il avait souhaitée. La clique de journalistes qui lui sont attachée comprit qu’ils devaient s’ajuster, car bientôt eux tous devraient servir un nouveau sous-fifre.
Dans ses rêves les plus fous, Charest s’était vu quittant la vie publique sous les applaudissements de ses partisans, bénéficiant de l’entendement complaisant de ses mandants, hypocrites et soumis, chacun ayant un bon mot pour lui, plutôt que ces chuchotements venant du fond du parlement en ces derniers moments de son gouvernement décadent.
Foin de cette gloire éphémère! Les rues de Montréal, de Québec, de Sherbrooke, de Gatineau, de Rimouski sont maintenant jonchées de verre brisé, d’affiches le conspuant, de pancartes le ridiculisant, lui le manant. Les rues de ces cités remplies de chiens enragés, de chevaux apeurés, de policiers ameutés, casqués, masqués, armés, rangés, boucliers et matraques levés, discrédités, défiés par ces milliers et ces milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes et de parents endoloris par ce gâchis. Parents heurtés certes mais fiers de leur progéniture – plus déterminée que nous ne l’avons jamais été – à rejeter le diktat des haut placés – des capitalistes milliardaires et de leurs thuriféraires tellement désolés – non pas désolés de voir nos jeunes matraqués, pas du tout – désolés de se voir gâcher leur sortie de piste après des années de bons et loyaux services au service des riches.
Depuis le début de ce conflit le 12 février dernier, contre ces jeunes malappris, pense-t-il ; qu’il traita avec mépris du haut de sa grandeur légitime, pense-t-il ; jusqu’à ce chant du cygne de la disgrâce commandé par ceux qui à Sagard avaient placé en lui toute leur confiance, aujourd’hui déçue, pense-t-il.
Ti-Jean, transfuge de Conservateur-libéral à Libéral-conservateur, n’a-t-il pas reçu le sceptre du pouvoir des mains de celui qui le détient ? N’a-t-il pas reçu l’onction de l’arrogance des mains de ceux qui font les Premiers ministres dans le richissime domaine privé du haut de la falaise surplombant le fleuve aux grandes eaux ?
Réunie récemment au domaine de Sagard, autour de la Table ronde des chevaliers d’industrie et de la finance, ils ont désigné le prétendant politique vassal qui lui succédera. Ti-Jean répudié mais quand même décidé à livrer ce qu’il a promis, suit son chemin avant que d’être congédié … »
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