Pascal Canfin : « L’aide passera davantage par les ONG »
L’ancien ministère de la Coopération, nommé désormais ministère du Développement, va connaître de grands changements, explique Pascal Canfin. Le jeune ministre compte s’appuyer sur son engagement d’écologiste pour réorienter l’aide publique au développement. Il détaille aussi son engagement dans la lutte contre les flux financiers opaques, qui menacent les politiques publiques de développement.
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Quelle évolution envisagez-vous pour ce ministère entaché, ces dernières années, d’une image négative, en grande partie due aux affaires et aux réseaux officieux de la Françafrique ?
Pascal Canfin : Ma mission au sein du gouvernement est de conduire la politique de la France en termes d’aide au développement. Cela signifie, par exemple, que je ne suis pas en charge des relations politiques avec les chefs d’État. La politique étrangère est menée exclusivement par le président de la République et par le ministre des Affaires étrangères. Autre évolution importante, la cellule Afrique de l’Élysée est partie intégrante de la cellule diplomatique. En d’autres termes, il n’y a pas de canal parallèle pour l’Afrique, comme cela a pu exister auparavant. Cette nouvelle architecture me permet de me concentrer sur les politiques de développement. Enfin, depuis son entrée en fonction, le Président a rencontré des chefs d’État africains dans un cadre multilatéral, par exemple le président du Bénin en tant que président de l’Union africaine, ce qui tranche avec son prédécesseur. Sur la question des biens mal acquis, le président de la République et la ministre de la Justice, Christiane Taubira, ont clairement indiqué qu’il n’y aura aucune intervention de l’État dans les affaires en cours.
Quelles sont vos marges de manœuvre politiques dans ce