Le traité de la discorde

La décision de François Hollande de ratifier le traité budgétaire européen signé par Nicolas Sarkozy divise la gauche et les écologistes. Obligeant Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault à menacer les récalcitrants, tandis que le Front de gauche organise une « mobilisation générale ».

Patrick Piro  et  Michel Soudais  et  Pauline Graulle  • 30 août 2012 abonné·es

À Poitiers, à La Rochelle, à Grenoble e t à Toulouse, il a beaucoup été question de lui. Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG), dont le Conseil constitutionnel a autorisé, le 9 août, la ratification sans révision de la Constitution, trouble les socialistes et divise les Verts. Ce « traité budgétaire », que François Hollande n’est pas parvenu à renégocier contrairement à l’un de ses engagements de campagne, impose aux États membres de la zone euro un déficit structurel maximal de 0,5 % du PIB. C’est la fameuse « règle d’or » qui menace de sanctions automatiques et place les budgets sous surveillance constante de la Commission européenne, instance dont les États s’engagent à mettre en oeuvre les recommandations. Inacceptable pour toutes les composantes du Front de gauche et l’association Attac, qui réclament un référendum en lieu et place de la ratification parlementaire expéditive programmée par le gouvernement, début octobre.

L’association altermondialiste, qui tenait sa traditionnelle université d’été dans la ville rose, a adressé dimanche un courrier à la trentaine d’associations, de syndicats et de partis politiques qui composent le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique afin de proposer « le lancement d’une campagne commune contre la ratification » du TSCG. Avec des meetings unitaires partout en France, l’envoi de courriers citoyens aux députés et aux sénateurs, des actions de rue devant les permanences des élus… Cette « campagne éclair, explique Aurélie Trouvé, sa coprésidente, est destinée à imposer un débat sur l’Europe à une majorité présidentielle qui semble pressée de tourner la page de la ratification ».

Forcer le débat, c’est aussi l’intention du Front de gauche, qui alerte, depuis le sommet européen de décembre 2011, contre la « camisole » imposée par ce « traité Merkozy » . Les responsables de cette coalition, pas mécontents d’apprendre que la ratification au Parlement n’aura lieu finalement qu’à la session d’octobre, entendent bien se servir de ce délai supplémentaire.

Ils ont mis à profit leurs « Estivales citoyennes », organisées sur le campus de Grenoble, pour affûter leurs arguments et « engager une mobilisation nationale et générale contre la ratification du pacte budgétaire européen » . Les nombreux ateliers organisés sur les questions européennes ou la politique économique, ainsi que le meeting européen qui rassemblait samedi des élus portugais, espagnols, italiens et allemands, ont été particulièrement suivis.

Ni les salles trop petites, ni la chaleur moite et étouffante qui y régnait parfois – il faisait 31 °C dans celle où était organisé un « atelier de lecture » du traité – n’ont découragé des participants regonflés à bloc contre un texte qui institue l’austérité et étouffe la démocratie par une « centralisation des leviers de pouvoir mis à l’abri des citoyens » , selon l’analyse de

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Politique
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