Lyon-Turin : erreur sur toute la ligne

Soutenue par l’Élysée, la nouvelle liaison TGV transalpine occasionnera des dépenses faramineuses pour une utilité qui est très loin d’être avérée. En outre, plusieurs rapports mettent au jour des conflits d’intérêts.

Thierry Brun  • 4 octobre 2012 abonné·es

Officiellement, la volonté gouvernementale est de mettre un frein aux grands travaux en attendant des jours meilleurs. Victimes de la rigueur, les lignes de TGV sont les premières concernées. Sauf le projet de nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin, malgré les mises en garde sur son coût faramineux et ses études suspectes formulées par la Cour des comptes comme par la Coordination contre le projet Lyon-Turin fret et voyageurs, qui rassemble une quinzaine d’associations locales.


Pour l’instant, les critiques ne sont pas remontées jusqu’à ­l’Élysée, qui soutient le projet. Le 4 septembre à Rome, le chef de l’État français et le président du Conseil italien, Mario Monti, ont annoncé qu’un sommet franco-italien qui se tiendra début décembre à Lyon sera en partie consacré au financement et au lancement des travaux du Lyon-Turin, qui prévoit plus de 80 kilomètres de tunnels pour un coût d’ensemble évalué à plus de 30 milliards d’euros.
La Coordination française, qui a planché avec des experts, a pour sa part demandé « l’arrêt immédiat des dépenses pour ce projet inutile, qui ne sont justifiées que par des intérêts privés et ne peuvent que créer des déficits financiers sans contrepartie pour la collectivité ». La Cour des comptes a elle aussi émis des réserves sur la liaison ferroviaire, indiquant qu’il « serait souhaitable qu’une instance puisse définir les méthodes d’évaluation et veiller à une contre-expertise des principaux projets, indépendante des maîtres d’ouvrage »  [^2]. 
 « Il serait incompréhensible que la France renonce au Lyon-Turin, pour lequel 800 millions d’euros ont déjà été mobilisés », a réagi Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, et membre du Comité pour la liaison européenne Transalpine, un organisme de lobbying présidé par

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 10 minutes

Pour aller plus loin…

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa
« Je voulais raconter la condition des femmes noires »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« Je voulais raconter la condition des femmes noires »

Avec Sous nos peaux, Maïram Guissé explore l’intime des femmes noires de son entourage. En mêlant témoignages et parcours personnels, l’autrice interroge l’identité, les enjeux de représentation et la place que la société réserve aux corps noirs.
Par Kamélia Ouaïssa
« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »
Entretien 5 février 2026 abonné·es

« La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »

À rebours d’une vision nataliste centrée sur l’économie, la géographe Clélia Gasquet-Blanchard interroge les conditions d’accompagnement à la naissance dans un système capitaliste.
Par Salomé Dionisi