Shlomo Sand : « Le sionisme est un nationalisme »

L’historien israélien poursuit son travail critique d’une vision essentialiste de l’histoire juive.

Denis Sieffert  • 4 octobre 2012 abonné·es

Après Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), l’historien israélien poursuit son œuvre de déconstruction des mythes sionistes. Dans son dernier livre, Comment la terre d’Israël fut inventée, il s’attache surtout à montrer que l’idéologie sioniste est contraire à tous les principes du judaïsme. Son ouvrage précédent avait été un immense succès, mais aussi la cible de nombreuses attaques. Celui-ci est promis au même destin.

Après vous être attaché dans votre précédent ouvrage à déconstruire la notion de « peuple juif », vous attaquez cette fois le concept de « terre d’Israël »…

Shlomo Sand :  Je combats une vision essentialiste, anhistorique, et souvent complètement fausse, de l’histoire juive, et la conséquence de cette vision qui est le racisme. Il y a dix ans encore, je croyais moi aussi au mythe d’un peuple errant, chassé de sa terre et qui, de tout temps, aurait rêvé d’y revenir. Mais, même quand je croyais cela, je ne pensais pas que, deux mille ans après, un peuple puisse se prévaloir d’un « droit au retour ». Si on veut refaire le monde tel qu’il a été au cours de ces deux mille ans, on fera un monde de fous. Il faudrait aussi que les Serbes puissent réinvestir le Kosovo, que les Indiens réoccupent Manhattan, et que

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