Pascal Mérigeau sur Jean Renoir : « Un grand cinéaste doit-il être un homme aimable ? »
Pascal Mérigeau publie une biographie de Jean Renoir. Une personnalité en adéquation avec son cinéma, mais pas toujours aussi admirable.
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L’ample biographie que Pascal Mérigeau consacre à Jean Renoir (1894-1979) est d’abord une très belle étude historique. Le journaliste a notamment défriché une grande masse d’archives inédites, entreposées à l’université de Californie, à Los Angeles, dont l’intégralité de la correspondance du cinéaste. En même temps qu’il fait tomber nombre d’idées reçues à propos de l’auteur de la Règle du jeu, souvent forgées par ce dernier à la fin de sa vie, Pascal Mérigeau aborde les films d’un point de vue critique et montre que, dans le cas de Renoir, la vie et l’œuvre sont intrinsèquement liées. Jean Renoir est un livre passionnant et empathique, qui cherche davantage à comprendre qu’à juger. En cela, cette biographie est profondément renoirienne.
Pourquoi Jean Renoir ?
Pascal Mérigeau : D’abord pour la traversée du XXe siècle que représente sa vie. Ce qui donne, en résumé : l’art de la fin du XIXe siècle avec son père, la Première Guerre mondiale, durant laquelle il est blessé, les années 1920 et le cinéma muet, qui s’accompagne d’une forme de bricolage et de dandysme, les années 1930 et la politique, Renoir devenant le cinéaste officiel du Parti communiste, puis les années 1940 et le début de la guerre en France, où je savais que son attitude était trouble, puis son exil à Hollywood, son séjour en Inde, et enfin son retour en France et ses rapports avec la Nouvelle Vague, et même avec la télévision. Deuxième raison : dans ce que je lisais sur Jean Renoir, je percevais une série de portraits de lui, tous différents et convaincants. Mais, rapprochés les uns des autres, ça ne fonctionnait pas. En outre, je ne reconnaissais pas dans ces portraits l’homme que je voyais à
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